Guinée : L’État déploie les grands moyens pour libérer les canalisations

Le Ministère de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures a entamé une vaste opération de nettoyage, de curage et de désobstruction des caniveaux ce mardi 12 mai 2026 à Conakry. Le coup d’envoi a été donné par le ministre Aboubacar Camara à Kenien, dans la commune urbaine de Matam, en présence des autorités locales, d’ONG, de cadres du département et d’une jeunesse fortement mobilisée.

​Cette opération, prévue pour se dérouler de 21h à 6h du matin, vise à renforcer la salubrité publique et à prévenir les risques d’inondation à l’approche de la saison des pluies.

Selon le ministre, les équipes seront déployées sur les principaux axes routiers, dans les marchés et sur les points critiques identifiés pour évacuer les déchets et améliorer l’écoulement des eaux pluviales.

​Parallèlement aux activités engagées dans la capitale, des équipes de l’Agence Nationale de l’Assainissement et de la Salubrité Publique (ANASP) et du ministère seront déployées dans les différentes régions administratives du pays.

​«On commence en ville, l’autoroute Prince et l’autoroute de Kaloum jusqu’au niveau du kilomètre 36, jusqu’à Maneah. Et ensuite, les mêmes opérations vont être lancées dans l’ensemble de la capitale régionale. Et les gouverneurs vont aussi répliquer, instruire les préfectures, pour que dans chacune de nos préfectures, les week-ends, les populations se mobilisent pour des journées d’assainissement. Tant que nous n’allons pas obtenir des résultats satisfaisants, on va continuer à mobiliser les gens pour nous permettre de sortir de cette situation, de cette impasse qui n’a que trop duré», a précisé le ministre Aboubacar Camara.

Il a ajouté que la mobilisation se poursuivra tant que des résultats satisfaisants ne seront pas atteints : « On va y arriver. Ça demande du temps, de la patience, mais surtout beaucoup de pédagogie. »

​Pour réussir ce pari, le ministre mise sur l’implication de tous : citoyens, autorités locales, ONG et médias. Pour lui, l’État ne peut résoudre seul le problème de l’insalubrité sans une prise de conscience collective.

​« Si vous voyez aujourd’hui que nous sommes jusqu’au niveau du Kenien, c’est parce que de la ville à Kenien, il y a eu des efforts qui ont été fournis. Alors, vous, hommes de médias, tout ce que nous vous demandons, dans le cadre de la lutte contre l’insalubrité, c’est un appui. C’est la conscientisation de nos populations. Ce qui se passe dans notre pays aujourd’hui, avec l’insalubrité, ça ne date pas d’aujourd’hui. Ce sont des comportements que nous avons adoptés, des comportements qui ont été tolérés, qui ont été banalisés pendant de nombreuses années. Et même dans nos quartiers, vous vous rendrez compte qu’à un moment donné, les chefs des quartiers, les leaders d’opinion et l’ensemble des acteurs qui ont un certain âge, qui sont en mesure de nous sensibiliser dans nos quartiers, aujourd’hui, la plupart de ces hommes, même les hommes de Dieu, ont tourné le dos par rapport à cette question d’insalubrité.», a-t-il déploré

​Le ministre a également dénoncé l’incivisme et le laissez-aller chronique qui caractérisent la gestion des ordures, mettant en cause les habitudes ancrées depuis plusieurs décennies. Il a rappelé que la salubrité est le « miroir diplomatique » d’un pays et une condition essentielle pour une vie digne.

​« l’État seul ne peut pas faire face à ces fléaux. Parce que derrière, il y a des habitudes qui sont ancrées, derrière, il y a un laisser-aller, derrière, il y a un l’incivisme chronique qui s’est installé pendant une vingtaine d’années. Mais avec l’aide de Dieu, et l’ensemble des corporations, l’ensemble des acteurs impliqués dans l’enseignement, on va y arriver. Aujourd’hui, nous sommes là, nous sommes des passants, mais l’objectif est de permettre à ce que nos enfants, nos familles, puissent vivre dans des conditions de vie salubre et digne.»

Le Ministre a conclu en invitant l’ensemble de la population à refuser de jeter les ordures dans la rue afin de sauver des vies pendant la saison des pluies en minimisant les risques d’inondations qui, chaque année, endeuillent de nombreuses familles à Conakry et dans les villes de l’intérieur du pays.

Facinet Camara