Guinée : le BGDA lance ses solutions digitales pour sécuriser et simplifier la gestion des droits d’auteur

Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi, 10 avril 2026, le Ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a procédé au lancement officiel d’un nouveau site web et d’une application dédiée à la gestion des œuvres, des auteurs et des demandes de visas de copie privée. Ces solutions numériques, mises en place par le Bureau Guinéen du Droit d’Auteur (BGDA), visent à simplifier l’enregistrement des créateurs et la répartition des droits.

​Selon le Directeur Général du BGDA, Moussa Fofana, ce tournant numérique marque une étape cruciale. Ces outils permettent non seulement de rapprocher l’institution de ses sociétaires, mais aussi d’instaurer une gestion rigoureuse et transparente des processus d’enrôlement et de répartition du droit d’auteur en Guinée.

«Nous sortons d’une conférence de presse dédiée à la présentation officielle des solutions numériques du bureau guinéen de droits d’auteur, c’est-à-dire le site web institutionnel du BGDA, l’application de gestion des œuvres et des auteurs, et BGDA, l’application de gestion de la demande des visas d’importation sur les appareils associés à la rémunération pour copie privée. D’une part, et d’autre part, une communication officielle de la répartition de tous les droits perçus et répartissables par le bureau guinéen de droits d’auteur courant exercice 2025. Ces applications sont des applications aujourd’hui qui rapprochent le bureau d’internet d’auteurs aux utilisateurs. Vous savez que la raison d’être d’une société de gestion collective, le type BGDA, c’est une société qui fait la satisfaction des besoins des demandeurs.», précise t-il

Cette avancée majeure facilitera le traitement des informations des artistes sur toute l’étendue du territoire national. Elle permet de pallier les difficultés logistiques : plus besoin de déplacements coûteux ou de longues attentes physiques dans les locaux du BGDA. L’application permet aux artistes de gérer leur patrimoine en toute autonomie.

«La facilité la plus simple, c’était de mettre à disposition des créateurs cette application. Ils n’ont plus besoin de se déplacer. Ils créent leur compte dans l’application. Ils gèrent leur compte. Ils sont informés de toute la situation de leurs œuvres. Dès la demande d’enregistrement, l’œuvre est reçue. Elle est examinée. Elle est validée. Et vous êtes informés de la cause du rejet. L’œuvre est identifiée pour que les ayants droit, c’est-à-dire l’ensemble des personnes qui ont contribué à la création de l’œuvre, le producteur, le beatmaker, l’arrangeur, si c’est une œuvre adaptée, l’adaptateur, si c’est une œuvre traduite, le traducteur, l’ensemble des personnes qui ont contribué à sa création sont identifiées à partir de l’application. Il suffit juste que vous vous soumettez l’œuvre au bureau guinéen droit d’auteur.»

​Le Directeur Général a également apporté des précisions sur les clés de répartition :

​« L’interface permettra un examen via une commission nationale d’identification. Cela garantit à chacun la part qui lui revient selon sa qualité. Par exemple, un auteur-compositeur perçoit 60 % et un arrangeur 33 % des sommes collectées. L’automatisation réduit l’encombrement physique au bureau et accélère les procédures.»

​Conscient des défis liés à l’inclusion numérique, le BGDA a mis en place un service de ressources informatiques.

​« Il ne sert à rien de proposer des solutions numériques sans assister les créateurs, dont certains sont analphabètes, dans la compréhension de ces outils. Nous allons les recevoir et les former gratuitement pour qu’ils puissent gérer leurs carrières comme cela se fait en France, aux États-Unis ou en Côte d’Ivoire. »

​Enfin, l’application dédiée au visa d’importation devient un instrument de contrôle stratégique. Elle permet de suivre la traçabilité des recettes générées par la copie privée sur les appareils importés.

​« Le demandeur sollicite son visa en ligne, paie les frais et le document est généré avec un code QR. Au cordon douanier, il suffit au douanier de scanner ce code pour que le BGDA soit instantanément informé. Cela garantit une traçabilité totale et accélère les demandes qui, selon la loi, ne doivent pas excéder 48 heures. »

Le Directeur Général a conclu en invitant les créateurs à s’approprier ces outils et à se rapprocher de la commission d’accueil mise en place pour répondre à toutes les questions de compréhension et dissiper les malentendus.

Le Ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a indiqué que la création d’un site web institutionnel pour le BGDA, ainsi que d’applications dédiées à la gestion des droits d’auteur, s’inscrit dans le cadre de la stratégie de digitalisation des services de son département. Ces outils numériques représentent une avancée majeure dans l’ambition de rapprocher le BGDA de ses sociétaires et de garantir une transparence totale dans la gestion des droits.

Facinet Camara