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Grève des travailleurs de l’usine Friguia: “Aucun wagon ne va quitter ici pour Conakry” (syndicat)

Après l’expiration de leur préavis de grève, les travailleurs de l’usine Friguia ont déclenché une grève ce lundi 11 août 2025 pour exiger le respect du protocole signé entre l’État guinéen et la société. Très tôt le matin, ces travailleurs fortement mobilisés ont érigé des barricades empêchant le train de circuler.
Joint au téléphone par notre rédaction, le délégué syndical des travailleurs de l’usine Fria M. Baldé est revenu sur leurs points de revendications. Soulignant que ce mouvement fait suite au non-respect des recommandations faites à la société Rusal par l’inspecteur général du travail ayant permis la suspension de la première grève.
«C’est le syndicat de Rusal Friguia qui a déclenché son mouvement de grève ce matin, on a suivi toute la procédure syndicale. La dernière fois, il y a eu la manifestation en ville. C’est à la suite de ça, il y a eu l’inspecteur général du travail qui a été amené par son ministre pour régler le problème. Donc, à l’issue des discussions avec le syndicat et la société un protocole d’accord a été signé et il a fait des recommandations et à Rusal et à  SEINTA. Qu’est-ce qui s’est passé ? Puisque Rusal est dans une dynamique de ne pas respecter nos autorités, ils ont mis de côté les recommandations que l’inspecteur a laissées. Dès qu’il a tourné le dos, ils ont sorti des contrats farfelus ici. Ils sont en train de mettre la pression sur les travailleurs pour signer ces contrats», a-t-il déclaré tout en rappellant que cette manœuvre a poussé le syndicat a déposé un préavis et un avis de grève afin de trouver une solution à l’amiable. C’est suite à l’échec de ces démarches que les travailleurs ont finalement décidé ce matin d’arrêter les activités jusqu’à la satisfaction totale de leurs revendications.
«Le préavis a fini, on a mis l’avis de grève qui a terminé le vendredi passé là.On a appelé un meeting pour expliquer aux travailleurs qu’on ira en grève ce lundi. Ce matin, on est partis sur les rails. On a dit que le train ne va pas sortir d’ici. Si c’est un train qui va aller chercher la matière première, il peut sortir. Donc ils ont barricadé toutes les usines vers les rails, mais nous on est rentrés par l’usine. Qu’est-ce qui se passe ? Ils veulent peut-être empêcher le mouvement.Ces gens sont à quitter leur poste. Ils viennent nous retrouver dans les installations. C’est les photos là que vous avez vues. Ils nous menacent de quitter. On dit non, si vous ne connaissez pas vos droits, nous, nous connaissons nos droits. Donc, ils ont voulu nous agresser. Aucun wagon ne va quitter ici pour Conakry. Et on ne chargera aucun bateau jusqu’à ce que nos revendications soient satisfaites», souligne t-il
Le syndicat des travailleurs a été finalement reçu par le conseil militaire de liaison dans l’usine pour tenter de désamorcer la crise.
Ibrahima Camara