Guinée : Le ministère de l’industrie et du commerce lance un vaste chantier de réformes pour transformer l’économie
Sous l’impulsion du chef de l’État, le général de corps d’armée Mamadi Doumbouya, la ministre de l’Industrie et du Commerce, Mme Fatima Camara, a procédé ce mardi 26 mai 2026 au lancement officiel des projets et réformes du Pilier 1 du programme Simandou. Une initiative ambitieuse qui marque un tournant décisif dans la transformation économique et industrielle de la Guinée. La cérémonie de lancement de ce vaste chantier a été présidée par le général Amara Camara, secrétaire général à la Présidence, en présence de M. Djiba Diakité, chef de cabinet de la Présidence et président du Comité stratégique de Simandou, des membres du gouvernement, des partenaires techniques et financiers (PTF) ainsi que des acteurs du secteur privé.

Dans sa prise de parole, la ministre Fatima Camara a indiqué que cet événement marque le début d’un chantier national structuré et ambitieux : celui de la transformation industrielle et commerciale de la Guinée, porté par le programme Simandou 2040.

« Il y a des moments dans la vie d’une nation où les mots ne précèdent plus l’action et l’accompagnement. Nous sommes aujourd’hui dans l’un de ces moments. Ce que nous lançons ici n’est pas une déclaration d’intention. C’est le début d’un chantier national structuré et ambitieux. Celui de la transformation industrielle et commerciale de la Guinée, porté par le programme Simandou 2040, sous la direction de notre champion, Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État », a-t-elle déclaré.
Ces projets et réformes structurantes découlent d’une volonté de transformation locale des matières premières à travers la mise en place d’industries capables de répondre aux besoins de la population.
« Pendant trop longtemps, la Guinée a exporté ses matières premières sans transformation locale, limitant ainsi la création de valeur, l’emploi et le développement de ses territoires. Ce temps est révolu. Notre pays, désormais, a fait le choix d’un autre modèle. Un modèle fondé sur la transformation locale, la montée en puissance de nos capacités productives et la construction d’un tissu industriel national, solide et durable », a indiqué Fatima Camara

Pour matérialiser cette vision, le ministère de l’Industrie et du Commerce a défini cinq axes prioritaires notamment : la réindustrialisation et le développement des zones économiques spéciales, l’aménagement de nouveaux parcs industriels le long du Corridor Simandou 2040, la création de parcs agro-industriels et la construction de marchés modernes répondant aux standards internationaux dans les régions administratives du pays.
Sur le volet de la réindustrialisation, le département prévoit un plan de relance immédiate de quatre unités industrielles stratégiques, adossé à une Stratégie nationale d’industrialisation et au démarrage de la première zone industrielle du pays. Le projet phare reste la transformation du corridor ferroviaire et minier en un corridor de développement global.
« Le Corridor de Simandou ne doit pas être uniquement un axe d’exploitation minière. Il doit devenir une véritable colonne vertébrale économique qui irrigue les territoires traversés, intègre les communautés locales et crée de la richesse pour l’ensemble des populations concernées. C’est précisément le sens du projet d’aménagement de nouveaux parcs industriels le long du Corridor Simandou », a-t-elle rappelé, avant d’annoncer la création d’une synergie cruciale avec le ministère de l’Agriculture pour le développement de parcs agro-industriels sécurisés juridiquement.

Consciente que le commerce est la « courroie de transmission » de l’industrie, Fatima Camara engage la modernisation des infrastructures marchandes à Conakry et dans les sept capitales régionales. Une mesure sociale et économique dédiée en priorité aux femmes :
« Il s’agit d’offrir aux commerçants, en grande majorité des femmes qui font vivre l’économie nationale au quotidien, souvent dans des conditions difficiles, des espaces sûrs, fonctionnels et conformes aux exigences d’hygiène et de sécurité. Ces femmes sont le visage de notre économie réelle. Elles méritent mieux et la Guinée leur doit cela », a-t-elle affirmé.
La ministre a également annoncé la construction d’un Centre de technologie, d’inspection et de garantie des produits marchands, afin de permettre aux produits guinéens de conquérir le marché mondial.
« Dans un environnement commercial international de plus en plus exigeant, c’est là un impératif de crédibilité. […] Ce centre donnera à la Guinée les outils modernes nécessaires pour sécuriser ses flux commerciaux, garantir la qualité de ses exportations et renforcer durablement sa place sur les marchés régionaux et internationaux », a-t-elle laissé entendre.
Pour atteindre ces objectifs, le ministère de l’Industrie et du Commerce a engagé la révision du Code des investissements pour l’adapter aux exigences du monde contemporain. Cette initiative vise à sécuriser les investisseurs nationaux et internationaux afin de bâtir un cadre incitatif adapté aux réalités du XXIe siècle.
« Toute ambition industrielle sérieuse repose en premier lieu sur un cadre institutionnel solide et crédible. C’est précisément pour cette raison que nous avons engagé, en amont de tout autre dispositif, le processus de révision du Code des investissements. Il s’agit de poser les règles du jeu, d’adapter notre cadre incitatif aux réalités économiques actuelles, d’encourager les investissements productifs et de renforcer durablement l’attractivité de la Guinée », a-t-elle souligné.
Avant de clore son propos, la ministre Fatima Camara a rappelé que ce grand projet de société ne pourra se faire sans l’implication de toutes les forces vives : le secteur privé, les partenaires financiers, les collectivités et, surtout, la jeunesse guinéenne.
« La transformation d’une économie n’est pas l’œuvre d’un gouvernement seul. Elle est, avant tout, l’œuvre d’une nation entière, de chaque femme, de chaque homme qui croit en son pays et choisit de s’y investir. […] À la jeunesse guinéenne, enfin : les emplois, les formations et les industries naîtront de ce projet. C’est votre avenir que nous bâtissons aujourd’hui, ensemble », a-t-elle dit.

La ministre Fatima Camara a conclu en rappelant que la Guinée dispose des ressources naturelles, du potentiel humain et de la volonté politique nécessaires pour s’imposer comme une grande puissance économique régionale. Selon elle, la transformation industrielle du pays n’est plus une perspective lointaine. Elle commence maintenant, grâce au président de la République, chef de l’État, le général Mamadi Doumbouya : « Avec ces projets, avec ces réformes, avec nous, ensemble, construisons cette Guinée productive, souveraine et prospère pour tous. »
Facinet Camara