Guinée : Mamadi Doumbouya interdit l’exportation de l’or brut
Par un décret lu à la télévision nationale ce vendredi 3 juillet 2026, le président de la République, le général Mamadi Doumbouya, a interdit l’exportation de l’or brut. Cette mesure entrera en vigueur après une période transitoire de 90 jours, durant laquelle les exportations resteront autorisées sous un régime exceptionnel et renforcé, sous réserve de conformité et d’un accord préalable du ministère des Mines.
L’or brut est désormais défini comme tout produit d’extraction affichant une pureté inférieure à 99,5 %, tandis que l’or raffiné, certifié par une raffinerie agréée, doit atteindre ou dépasser ce seuil. À terme, seul l’or raffiné accompagné d’un certificat d’origine pourra être exporté.
Les raffineries locales bénéficieront d’une priorité d’approvisionnement, dans la limite de leurs capacités de traitement. Les transactions devront respecter un prix indexé sur le cours international, inclure un paiement sous 30 jours ouvrés après livraison certifiée, et se conformer strictement aux règles fiscales et douanières en vigueur.
Par ailleurs, un registre national de traçabilité, conforme aux standards internationaux (OCDE), sera mis en place pour suivre l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production jusqu’à l’exportation.
Le décret prévoit également que les conventions minières existantes soient révisées dans un délai de 30 jours, afin de renégocier les conditions de cession aux raffineries, les régimes fiscaux et douaniers, ainsi que les garanties accordées aux opérateurs. Désormais, l’installation et l’exploitation de toute raffinerie seront conditionnées par une autorisation du ministère des Mines, après évaluation des capacités techniques, financières, environnementales et de la conformité aux normes internationales.
Le contrôle et le suivi de cette réforme seront assurés conjointement par la Direction nationale des Mines, la Direction générale des Douanes, la Banque centrale, ainsi que les services environnementaux et de lutte contre la corruption. Des sanctions administratives, sans préjudice de poursuites pénales, sont d’ores et déjà prévues pour les contrevenants.
Cette réforme majeure vise à renforcer la transformation locale des ressources minières et à accroître significativement la valeur ajoutée de la filière aurifère guinéenne.