Ousmane Gaoual Diallo sur la mort de Toumba Diakité : « Il ne faut pas que chaque décès suscite la suspicion »
La mort en détention d’Aboubacar Sidiki Diakité, dit “Toumba”, ex-aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara, à la maison d’arrêt de Coyah, soulève de nombreuses interrogations. Alors que certains pointent du doigt la responsabilité des autorités, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a tenu à clarifier la position de l’État.
Interrogé sur cette actualité qui cristallise les débats en Guinée, le ministre des Transports a affirmé que le gouvernement a remis le corps à la famille pour garantir une totale transparence. Cette décision doit permettre aux proches de réaliser, s’ils le souhaitent, une autopsie indépendante et d’engager d’éventuelles poursuites judiciaires.
Selon Ousmane Gaoual Diallo, cette procédure vise avant tout à couper court aux spéculations :
« Il faut éviter les polémiques dans ces cas-là, d’abord par respect pour les familles. Le gouvernement mise sur la transparence. Lorsque la famille reçoit la dépouille, elle a la possibilité de solliciter une expertise propre et, le cas échéant, d’engager des poursuites. C’est pour cela que les corps sont restitués. »
Le ministre a également souligné une exception notable faite pour ce cas précis :
« En temps normal, lorsqu’un militaire en activité décède, l’armée ne rend pas le corps à la famille. Mais ici, le rendre est une manière de rassurer les proches. De toute façon, les parents proches ne semblent pas émettre de doutes sur les circonstances du décès. Nous sommes tous mortels, après tout », a-t-il précisé tout en reconnaissant qu’il est légitime pour l’opinion publique de se poser des questions, le porte-parole appelle à la retenue et au respect de la réalité des faits :
« Il ne faut pas que chaque mort, quelles que soient les conditions, suscite systématiquement la suspicion. Il est légitime que les gens s’interrogent, mais l’interrogation doit s’effacer devant les faits. Ces faits sont vérifiables car tout est transparent. La presse peut également investiguer pour éclairer l’opinion. »
Enfin, pour dissiper les critiques sur une éventuelle distance de l’État, le ministre a rappelé que le gouvernement était officiellement représenté lors de la levée du corps ce vendredi 27 mars à l’hôpital Ignace Deen, par le ministre Secrétaire général des Affaires religieuses.
« Le gouvernement a été très bien représenté. Il a pris la parole au nom du président de la République et au nom de l’exécutif. On ne peut donc pas dire que les autorités étaient absentes », a-t-il conclu.
Facinet Camara