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Conakry : Découverte macabre au débarcadère de Boulbinet

Tôt ce matin, jeudi 30 octobre, vers 7h, le corps d’un jeune homme non identifié a été découvert au port de pêche de Boulbinet. La victime, connue sous le seul sobriquet de M-GAZA, souffrait depuis longtemps d’une maladie pulmonaire liée à la tuberculose, qui lui a été fatale.
D’après les premiers éléments, le jeune homme “battait le pavé” (vivait dans la rue) au port de pêche de Boulbinet et semblait avoir coupé les ponts avec les siens.
Informé de cette macabre découverte, le Colonel Mohamed N’diaye, chef de service de la Police Technique et Scientifique (PTS), s’est rendu sur les lieux avec son équipe pour procéder aux constatations d’usage.
«C’est un jeune homme qui a déserté sa famille. Depuis des années, il bat le pavé au débarcadère. Personne ne connaît son nom, ni d’où il vient. Même son ami, avec qui il faisait tout ensemble au débarcadère, dit ne connaître que son sobriquet : M. Gaza, » a expliqué le Colonel N’diaye.
L’officier a ensuite précisé que M-GAZA souffrait de sa maladie depuis un certain temps :
« Il me dit qu’il est malade, il y a longtemps, il souffrait de la tuberculose, une maladie pulmonaire. Comme il n’avait pas les moyens de se faire soigner, ses amis ont tout fait pour qu’il puisse retourner chez lui. Mais il n’arrivait même pas à discuter de son lieu d’habitation avec quelqu’un. Il est donc resté sur les lieux. Lundi dernier, il était gravement malade, il s’est étalé ici. On lui donnait à manger, à boire, et finalement, hier, aux environs de 15 heures, la maladie a eu le dessus sur lui. Il a rendu l’âme sur le coup, » a-t-il détaillé.
En attendant l’identification de la famille, la dépouille mortelle a été mise à la disposition du service de médecine légale pour une autopsie. Selon le Colonel N’diaye, aucun signe de violence n’a été constaté :
« Sur le corps, il n’y a pas de traces de sévices corporels. Mais sur les membres inférieurs, il porte des plaies négligées et des œdèmes au niveau des pieds. Cela nous fait dire que c’est un manque de traitement. La plupart des toxico-dépendants vivent avec ces plaies. Généralement, ils ont des plaies qui ne sont pas soignées depuis des mois. Une plaie aseptique. Et souvent, cela entraîne des douleurs générales qui conduisent à la mort, » a-t-il mentionné.
Le Colonel Mohamed N’diaye invite les parents à plus de responsabilité parentale face à ces fléaux sociaux qui touchent la capitale :
« L’appel que nous avons à lancer est simple : tout le monde connaît ces enfants. C’est souvent leur propre volonté. Ils quittent la famille à cause de leurs besoins, de leurs penchants. Je dis aux parents de redoubler d’effort. Ce n’est pas l’État, la police ou la gendarmerie qui va les aider à éduquer. Nous, on les encadre pour juguler. Il faut que les familles s’impliquent, » a martelé le chef de service de la Police Technique et Scientifique.
Ibrahima Camara