La Direction Générale des Centres de Lecture Publique et d’Animation Culturelle (CELPAC) a procédé à la remise du Prix littéraire des lycéens de Guinée ce vendredi 08 mai 2026 à Conakry. Cette 2e édition, qui a mobilisé plusieurs lycées de la capitale et des villes environnantes, a été remportée par Ibrahima Sorel Sidibé pour son ouvrage La Tragédie des jumelles. Le lauréat de cette édition a reçu une enveloppe de 20 millions de francs guinéens.
La cérémonie, organisée dans un complexe hôtelier de la place, a été rehaussée par la présence du Chef de cabinet du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Elhadj Baba Thiam, représentant le ministre Moussa Moïse Sylla. Cet événement marque un tournant décisif dans la promotion de la lecture et met en lumière le talent des jeunes lycéens dans le domaine littéraire.
Pour le Directeur général des CELPAC, Bernard Pévé Béavogui, cet événement dépasse le cadre d’une simple cérémonie : « C’est une rencontre entre des rêves et des mots, un dialogue entre des plumes et des cœurs. » Il a souligné que ce prix constitue un espace de liberté permettant aux jeunes de donner vie aux œuvres.
« Le Prix littéraire des lycéens de Guinée n’est pas un simple trophée. C’est votre voix : une voix jeune, sincère et libre. Une voix qui ose dire : “Ce livre m’a touché, ce livre m’a transformé.” Aujourd’hui, vous avez donné vie aux livres. Car quelle vie a un livre s’il n’est pas lu ? Aucune. C’est littéralement la mort. À travers vos lectures, vous offrez aux écrivains une place dans votre imaginaire et votre avenir. Et cela n’a pas de prix. »
Le DG a ensuite précisé que le prix génère un impact économique significatif sur la chaîne du livre. Plus de 100 millions de francs guinéens ont été consacrés à l’achat et à la distribution de 1 264 ouvrages, stimulant ainsi les secteurs de l’édition, de l’impression et de la librairie.
« L’attribution d’un prix de 20 millions au lauréat représente une valorisation concrète du travail de l’auteur, équivalente aux droits générés par la vente de 1 340 exemplaires d’un ouvrage vendu à 150 000 GNF. Un niveau de diffusion rarement atteint par un écrivain guinéen sur une période de cinq ans », a-t-il ajouté.
Sur le plan pédagogique, le prix mobilise un jury de 254 élèves, un phénomène unique en Afrique de l’Ouest. Entre novembre et avril, près de 100 réunions de comités de lecture et 13 présentations publiques ont été organisées, touchant indirectement près de 5 000 lycéens.
Bernard Pévé Béavogui a conclu en saluant l’engagement du ministre Moussa Moïse Sylla et la vision du chef de l’État, Mamadi Doumbouya, qui place le capital humain au cœur du programme Simandou 2040.
Visiblement ému, Ibrahima Sorel Sidibé a exprimé sa satisfaction, estimant que son objectif d’auteur est désormais atteint :
« On n’écrit pas un livre pour qu’il reste dans un placard. Je suis heureux, non pas seulement pour le prix, mais parce que je sais que mon œuvre, publiée en 2021, a été lue et comprise par plus de 250 jeunes. Savoir que le message est passé est ma plus belle récompense. »
L’auteur a également salué cette initiative qui encourage la nouvelle génération à se réapproprier la littérature au sein des établissements scolaires.
Représentant le ministre Moussa Moïse Sylla, le Chef de cabinet du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Elhadj Baba Thiam, a rappelé que ce prix est bien plus qu’une simple distinction : c’est une invitation à lire, à écrire, à réfléchir et à développer l’esprit critique afin de transmettre le goût du savoir à la jeunesse.
Il a indiqué qu’à travers cet exercice, les CELPAC a démontré que la lecture reste un puissant outil de formation intellectuelle et d’intégration citoyenne. Monsieur Thiam a souligné que cette initiative, qui s’inscrit dans la suite logique du Prix littéraire doté du trophée du président de la République, est en parfaite adéquation avec la vision du chef de l’État, Mamadi Doumbouya, qui place la culture et le capital humain au cœur du programme « Simandou 2040 ».
Enfin, le Chef de cabinet a, au nom du ministre Moussa Moïse Sylla, chaleureusement félicité les élèves, le corps enseignant, les auteurs et les éditeurs, ainsi que toutes les équipes pour le travail accompli.
Facinet Camara