À Koliady 2, le sable de la discorde ne finit pas de faire couler l’encre. Dès l’aube, une mobilisation citoyenne a paralysé l’accès à la carrière de sable du quartier. Le motif de ce débrayage : l’absence de retombées économiques visibles pour la communauté, malgré une activité extractive intense.
Pour les manifestants, le contraste est frappant entre la richesse du sous-sol et la précarité des infrastructures. Aboubacar Sidiki Koulibaly, porte-parole de la jeunesse, exprime ce sentiment d’injustice :
« Nous sommes sortis pour obtenir des réponses. Depuis l’installation du nouveau bureau de quartier, aucune information ne filtre sur les revenus de la carrière. Une telle ressource devrait être un levier de développement, mais chez nous, rien ne bouge. »
Les jeunes soulignent notamment l’absence de mosquée achevée dans le quartier, un symbole fort du manque de financement pour les projets d’intérêt public.
La frustration des jeunes est accentuée par ce qu’ils qualifient de silence des autorités locales. Selon le porte-parole, malgré les multiples démarches entreprises, les responsables du conseil de quartier brillent par leur absence sur le terrain de la médiation :
« Aucun responsable ne s’est présenté pour dialoguer avec nous ce matin. Nous resterons mobilisés tant que la lumière ne sera pas faite sur ces fonds. »
Bien que déterminés, les jeunes insistent sur le caractère non-violent de leur mouvement. Ils rappellent que Koliady 2 fournit près de 90 % des agrégats de construction à Kindia, une position stratégique qu’ils souhaitent voir reconnue à sa juste valeur.
« Nous ne cherchons pas la violence, mais la justice et le développement de notre localité dans le respect des règles », précise Aboubacar Sidiki Koulibaly.
Joint par téléphone, le chef de quartier, le Dr Mamadouba Conté, s’est voulu rassurant. Il a affirmé avoir entamé des démarches dès les premières heures de la manifestation pour trouver une issue favorable et apaiser les tensions avec la jeunesse.
Toupsib depuis Kindia