Journée mondiale de l’éducation : la présidente de l’ONG OMEGA tire la sonnette d’alarme sur la scolarisation des filles

Le 24 janvier de chaque année, le monde célèbre la Journée mondiale de l’Éducation, couplée à celle de la culture africaine et afro-descendante. En marge de cette célébration, l’ONG OMEGA (Organisation des Mères et Enfants de Guinée et d’Afrique) a animé une conférence de presse à la Minière.

​Dans une déclaration rendue publique, la présidente de l’ONG, Marthe Dédé Koivogui, a rappelé que la Guinée se trouve à un tournant décisif : celui de choisir entre la stagnation ou le progrès social par l’investissement humain. Elle a souligné que l’éducation n’est pas qu’un simple service public, mais le « socle de notre souveraineté future ».

​Malgré les efforts consentis, le rapport d’analyse du secteur de l’éducation de 2021 souligne des disparités persistantes. Selon l’UNICEF, le taux de scolarisation au secondaire reste précaire : près de 50 % des enfants en âge de fréquenter le collège ne sont pas scolarisés.

​La situation des filles est encore plus critique, la Guinée affichant l’un des taux de mariage d’enfants les plus élevés au monde.

​« L’enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS) révèle que 17 % des filles sont mariées avant l’âge de 15 ans et plus de 45 % avant 18 ans. Chaque mariage précoce est une salle de classe qui se ferme définitivement pour une jeune fille guinéenne », a déploré la présidente.

​L’ONG a rappelé les données de la Banque mondiale : si chaque fille terminait ses études secondaires, les revenus des femmes à l’échelle mondiale pourraient augmenter de 15 000 à 30 000 milliards de dollars. En Guinée, une année supplémentaire de scolarisation peut accroître les revenus individuels de 10 à 20 %. Éduquer une femme, c’est briser le cycle intergénérationnel de la pauvreté. Une mère instruite a 50 % de chances de plus de voir ses enfants survivre au-delà de 5 ans », a-t-elle ajouté.

​Face à ces défis, l’ONG OMEGA formule une batterie de recommandations :

Au Gouvernement : Respecter l’engagement de Dakar en allouant au moins 20 % du budget national à l’éducation, conformément aux recommandations de l’UNESCO. Elle préconise également la gratuité effective des fournitures scolaires pour les filles en zone rurale et le renforcement des lois contre les mariages précoces.

À la Société Civile : Renforcer la vigilance citoyenne et le monitorage de proximité pour identifier les risques de décrochage scolaire.

Aux Parents : Opérer un changement de paradigme. « L’école n’est pas une perte de temps, c’est une dot pour la vie. J’appelle les parents à voir en leur fille une future cadre, médecin ou entrepreneure, plutôt qu’une monnaie d’échange », a martelé Marthe Dédé Koivogui, tout en soulignant que le soutien des pères est statistiquement le facteur déterminant de la réussite des filles.

​En conclusion, la présidente de l’ONG OMEGA a exhorté les autorités à faire de l’éducation le premier chantier de la “refondation”, rappelant qu’aucun développement n’est possible sans ce levier qu’elle qualifie d’« arme la plus redoutable».

​Facinet Camara