Marchés : Le prix du poulet s’envole, vendeurs et consommateurs en colère (Constat)

Depuis quelques jours, une hausse vertigineuse du prix du poulet frappe les marchés et les dibiteries de la capitale. Entre rareté du produit et augmentation des coûts de gros, les acteurs du secteur tirent la sonnette d’alarme. Enquête.

​Le constat est amer pour les ménages guinéens. Un poulet “demi”, autrefois négocié à 50 000 GNF, s’écoule désormais à 60 000 GNF. Quant au poulet entier, son prix est passé de 100 000 GNF à 120 000 GNF. Ce mardi 13 janvier 2026, notre rédaction a sillonné plusieurs points de vente pour comprendre l’origine de cette crise.

​Abdourahmane Diallo, vendeur de poulets importés depuis 15 ans, ne cache pas son désarroi.

​« Je pratique ce métier depuis une quinzaine d’années et nous traversons une crise inédite. Après les fêtes de fin d’année, j’ai dû arrêter de travailler faute de marchandise. Aujourd’hui, j’ai repris, mais le carton que j’achetais à 285 000 GNF est passé à 325 000 GNF. Cette hausse nous oblige à vendre l’unité à 60 000 GNF au lieu de 45 000 ou 50 000 GNF. Habituellement, j’écoule 80 cartons en fin d’année ; cette fois-ci, je n’en ai eu que 30. »

Face à cette situation, il lance un appel pressant au ministère du Commerce pour faciliter l’approvisionnement du marché.

​L’impact de cette hausse se fait durement sentir dans la restauration. La gérante d’un établissement de la place, ayant requis l’anonymat, explique que le poulet est le produit le plus demandé par sa clientèle, bien devant le poisson.

« Un poulet que nous achetions à 40 000 GNF coûte aujourd’hui 60 000 GNF, voire plus. Si l’État n’intervient pas, nous risquons de fermer boutique et de mettre nos employés au chômage. Ce que nous gagnons sur la vente d’un poulet, nous ne pouvons pas l’obtenir avec deux poissons. C’est toute notre rentabilité qui est menacée », avertit-elle.

​Contacté par notre rédaction, un responsable du ministère du Commerce a confirmé l’existence de cette pénurie, tout en apportant des précisions sur ses causes.

​« Il y a effectivement une tension sur le marché qui influe sur les prix. Actuellement, des travaux de concession au port perturbent le rythme de débarquement des navires transportant la volaille. C’est ce qui explique la rareté actuelle du produit. Toutefois, des solutions sont en cours pour résorber cette crise dans les jours à venir. »

En attendant une normalisation de la situation au port, les consommateurs guinéens doivent continuer à se serrer la ceinture, alors que le poulet, jadis accessible, devient un produit de luxe sur les tables.

Ibrahima Camara