Dans le cadre de la campagne présidentielle, une délégation gouvernementale s’est rendue le week-end dernier dans la sous-préfecture de Bangouya, située à environ 45 km de la préfecture de Kindia. Lors d’un meeting organisé à cette occasion, Aboubacar Sylla, porte-parole des citoyens de la localité, a tiré la sonnette d’alarme sur les problèmes qui assaillent les populations.
Dans son intervention, il a mis l’accent sur l’inondation des terres cultivables, des cimetières et l’enclavement de certains villages, ce qui entrave gravement la mobilité des habitants. Selon lui, cette situation désastreuse, consécutive à la construction du barrage de Souapiti, contraint les citoyens à utiliser des pirogues, même pour se rendre dans leurs champs. Le manque criard d’embarcations appropriées expose les riverains à des risques de naufrage devenus fréquents et entraînant des pertes en vies humaines.
« La sous-préfecture de Bangouya est confrontée à d’énormes problèmes aujourd’hui. Il n’y a pas de pont sur le lac entre Bangouya et Baren Meliyah, alors qu’il s’agit d’une distance de 4 km sur l’eau, avec tous les risques que cela comporte. Nous demandons aux autorités actuelles de nous aider à obtenir un pont pour traverser ce lac très dangereux. Il y a eu trop de morts ici : des enfants, des pères et des mères de famille. C’est une difficulté majeure. De plus, nos arbres fruitiers et plusieurs hectares de plantations n’ont toujours pas fait l’objet d’indemnisations. Jusqu’à présent, nous n’avons pas reçu un seul franc. Nos terres cultivables, nos cimetières et nos hameaux ont été envahis par l’eau pour le bénéfice du pays, mais nous, les victimes, devrions au moins être indemnisés. Nous sommes également confrontés à l’état de la route entre Kindia et Bangouya : elle est impraticable et des accidents mortels y surviennent chaque jour. Nous demandons l’aide de l’État pour le bitumage de cet axe. »
Ibrahima Camara