La décision du ministère des Transports rendant le permis de conduire pour les motards l’obligation en Guinée suscite une vague d’indignation au sein de la population. Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi, le ministre des Transports et Porte-parole du Gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a apporté des clarifications sur cette mesure.
« Les permis moto n’étaient pas délivrés. Avoir un permis auto ne donne pas le droit de conduire une moto », a-t-il insisté, soulignant que les conducteurs de deux-roues devront désormais passer un permis spécifique. Ce processus inclura l’apprentissage du Code de la route et une formation pratique obligatoire.
Ousmane Gaoual Diallo a exprimé une profonde inquiétude face aux statistiques d’accidents alarmantes dans le pays, justifiant ainsi l’urgence de cette réforme.
« Plus de 12 000 accidents dans l’année, c’est trop. On a plus de 4 000 personnes aujourd’hui avec un handicap à vie », a-t-il déploré.
Selon lui, la majorité des victimes sont des jeunes. « 60 à 65 % des victimes, c’est la jeunesse. C’est l’avenir de la nation qui disparaît dans ces accidents tragiques », a-t-il alerté.
Poursuivant ses explications, le porte-parole a rappelé que même les conducteurs expérimentés peuvent être victimes d’accidents causés par des usagers mal formés ou négligents.
« L’accident ne concerne pas seulement ceux qui ne savent pas conduire. Vous pouvez parfaitement savoir conduire et être percuté par quelqu’un qui ne maîtrise pas les règles », a-t-il expliqué.
Il a également souligné que les piétons font partie des victimes régulières de ce manque de formation. « Vous pouvez simplement marcher pour aller au travail et perdre la vie parce que quelqu’un n’a pas respecté les règles. »
Pour le ministre, il ne faut ni dramatiser la situation ni percevoir l’obtention d’un permis comme une sanction.
« On ne fait pas ça pour punir, mais pour protéger la société. C’est un devoir individuel et collectif. Il faut donc que chacun prenne conscience. Les jeunes doivent comprendre que leur vie est précieuse », a conclu le ministre.
Ibrahima Camara