Dubréka : L’École Primaire de Kènèndé Plateau 5, Étouffée par la Surpopulation et le Manque d’Infrastructures

Située dans la préfecture de Dubréka, l’École primaire de Kènèndé Plateau 5 fait face à des problèmes majeurs d’infrastructures et de personnel. Avec un effectif total de 536 élèves, dont 246 filles, répartis en six groupes pédagogiques, l’établissement ne dispose que de trois salles de classe.

​Cette insuffisance force l’établissement à adopter le système de double flux (une partie des élèves fréquente le matin, l’autre le soir). Pire, la seule école publique de toute la zone ne présente pas un visage reluisant. Entre le manque criant de salles de classe, l’absence de tables-bancs, l’insuffisance de matériels didactiques et le déficit de latrines, l’école est en grande difficulté. De plus, l’équipe enseignante n’est pas au complet ; le directeur s’occupe même d’une classe en attendant le recrutement d’un enseignant.

​Dans toutes les classes visitées, le constat est saisissant : les élèves sont souvent assis à quatre, voire cinq par table-banc, comme en témoigne le Directeur de l’école, Youssouf Camara.

​« Nous sommes confrontés à d’énormes difficultés, dont l’insuffisance des salles de classe. Il n’y a pas de clôture autour de l’école. Les latrines sont insuffisantes. Nous avons aussi une surpopulation d’élèves dans les salles de classe, et le manque de tables-bancs nous pose énormément de problèmes. Mais notre priorité absolue, c’est la construction de salles de classe. Et c’est la seule école publique dans cette zone », déplore-t-il

​Face à l’absence de l’État, la communauté s’est mobilisée pour construire une salle de classe. Une initiative citoyenne soutenue et accompagnée par les parents et les élèves.

​« Nous avons initié un projet cette année pour que la communauté et la direction puissent construire une salle de classe. Nous avons demandé à chaque élève d’envoyer deux briques. Les agrégats ont été fournis par la direction et les élèves. Nous demandons à l’État de faire des efforts pour soulager la communauté… »

Youssouf Camara a ensuite lancé un appel solennel :

​« J’appelle l’État, les autorités préfectorales de Dubréka et le président Mamadi Doumbouya, pour la construction de nouvelles salles de classe. Nous n’avons qu’un seul bloc de trois salles. S’ils nous aident à obtenir au moins neuf salles de classe, ce serait un ouf de soulagement pour nous. »

​Djenabou Bah, enseignante à l’école primaire de Kenendé Plateau 5, a mis un accent sur les effectifs pléthoriques dans les salles de classe.

​« Nous avons beaucoup de difficultés ici. Il y a un manque criard de salles de classe. L’effectif est aussi pléthorique. Dans ma classe, il y a 91 inscrits. Nous avons également un manque de matériel didactique », regrette-t-elle.

​Elle a conclu en invitant les autorités éducatives à prendre des dispositions pour pallier ces difficultés qui entravent le bon déroulement des cours.

​« Nous demandons aux autorités d’entendre notre cri de cœur afin de nous venir en aide pour la bonne réussite de cette école. »

Ibrahima Camara