Un drame est survenu le vendredi 24 octobre 2025 à Tènè Koba, une localité relevant du district de Kansa, dans la sous-préfecture de Bangouya (préfecture de Kindia). Un jeune homme, Amadou Sylla, âgé de 26 ans, a tragiquement perdu la vie dans un naufrage alors qu’il revenait de son champ.
Joint au téléphone, Alhassane Sylla, le jeune frère du défunt, est revenu sur les circonstances de ce décès.
« Celui qui est décédé est mon frère de même père et de même mère. Hier matin, il est parti voir son champ. À son retour au village, vers 11h, avec un sac d’arachides, la pirogue s’est renversée et il a perdu la vie. C’est ce matin [samedi] qu’on a retrouvé son corps après tant de recherches. Il venait de se marier au mois d’août dernier, et sa femme est actuellement enceinte », a-t-il déclaré.
Les oubliés du barrage de Souapiti
Poursuivant, notre interlocuteur a mis en lumière les graves problèmes auxquels les populations impactées de Souapiti sont confrontées depuis la construction du barrage.
« Actuellement, chez nous, à Tènè Koba, depuis la construction du barrage de Souapiti, toutes nos terres cultivables sont submergées par l’eau. L’État ne nous a pas aidés à avoir des pirogues ou des gilets de sauvetage. Nous nous débrouillons avec une petite pirogue fabriquée par nous ici, et ce même pour aller puiser de l’eau, à plus forte raison pour aller au champ », déplore Alhassane Sylla.
Les populations des zones impactées par Souapiti vivent un véritable calvaire : manque d’eau potable, insuffisance de moyens de déplacement sécurisés et pertes irréversibles de terres cultivables.
« Nous souffrons énormément ici avec l’eau. Même pour aller visiter un de tes parents, il faut la pirogue, alors que nous n’avons jamais reçu de pirogues de la part du gouvernement. Nos terres cultivables sont sous l’eau. Le peu qui reste, on se débrouille avec, mais il faut la pirogue », a-t-il insisté.
Ce drame tragique relance le débat sur le des promesses de délocalisation et d’assistance faites aux populations riveraines du barrage de Souapiti, aujourd’hui exposées à des conséquences dramatiques.
Ibrahima Camara