Alors que la rentrée scolaire est synonyme d’espoir et de nouveaux apprentissages pour des milliers d’enfants à travers le pays, dans le district de Koneyah, sous-prefecte de Bangouya, préfecture de Kindia, ce n’est qu’une nouvelle année d’attente et de frustration. Ici, l’accès à l’éducation reste un luxe que peu de familles peuvent se permettre cause de l’absence d’infrastructures scolaires décentes. Depuis sa fondation, cette localité n’a bénéficié aucune infrastructure étatiques en occurrences infrastructures scolaires. Face à l’inaction des autorités, un natif a pris l’initiative de construire la toute première école que vous voyez en image à travers son ONG “TOUS À L’ECOLE apportant un souffle d’espoir à la localité. Mais aujourd’hui, cet établissement en Hagar couvert de pailles se trouve dans un état piteux suscitant colère et indignation chez les communautés.
Alseny Diallo, le président de l’ONG Tous à l’École, bâtisseur de l’unique école de Koneyah explique ses motivations.
«Vous savez, la mission de notre ONG c’est l’éducation des enfants en milieu rural. Et ce concept est parti lors de mon passage dans ce village Konéyah. Je partais à Koundabaléya mais la pluie m’a trouvé à Konéyah, j’avoue que c’est un grand village, j’ai vu beaucoup d’enfants sous la pluie, j’ai demandé à une femme, mais tous ces enfants là vous avez une école dans la zone ? Elle m’a dit non il n’y a pas d’école. J’ai dit ah bon ? Elle me dit il n’y a pas d’école. J’ai dit ok, pas de problème. Moi je passerai ici, quel que soit je vais vous envoyer une école ici, même si c’est en paille. Et c’est ce qui fut fait. À la rentrée des classes, on a construit une école en paille, et j’ai envoyé un enseignant, qui est reconnu même par la DPE de Kindia, monsieur Bahamadou Bailo, qui donne les cours», a-t-il souligné, rappelant que Koneyah n’a jamais connu une infrastructure étatique dans son existence. Il n’y a ni école, ni eau potable ainsi que le centre de santé.
«C’est la première et l’unique école de Koneyah, ce village n’a jamais connu d’infrastructure étatique, depuis que Konéyah a existé. Il n’y a ni école, ni eau, ni poste de santé. Alors que c’est un grand village, je précise que la première année il y a eu plus de 120 enfants. La deuxième année, le nombre ne fait qu’augmenter.»
Mais cette initiative citoyenne ne peut suffire à elle seule. La construction et la réhabilitation des infrastructures scolaires, la formation et l’affectation d’enseignants dans les zones reculées, et la mise en place de politiques de soutien aux familles sont des priorités qui nécessitent un investissement conséquent de l’État et des partenaires au développement. C’est pourquoi, Alseny Diallo a lancé un appel aux autorités afin de venir en aide aux centaines d’enfants privés de leur droit à l’éducation.
«Nous tendons vers la troisième année jusqu’à présent, les enfants continuent à étudier dans cette école. On n’a pas encore les moyens de construire une école moderne. Donc voilà pourquoi d’ailleurs, il est important de lancer un appel à l’endroit des personnes de bonne volonté, aux institutions et aux bailleurs de fonds pour que nous ayons vraiment une école à Konéyah parce qu’aujourd’hui, nous avons un effectif de 195 enfants», a-t-il lancé
Le droit à l’éducation est un pilier du développement durable. Sans un accès équitable à l’école, l’analphabétisme perdure et les inégalités se creusent. Le village de Koneyah à Kindia est le miroir d’une Guinée qui, pour s’épanouir, doit d’abord offrir à chaque enfant les moyens de s’instruire et de bâtir son propre avenir.
Ibrahima Camara