Conakry, 20 août 2025 – La République de Guinée vient d’inscrire une nouvelle avancée majeure dans son arsenal juridique et social. Réunis en plénière au Palais du Peuple, sous la présidence du Dr Dansa Kourouma, Président du Conseil national de la Transition (CNT), les Conseillers nationaux ont adopté à l’unanimité la loi portant promotion et protection des droits des personnes en situation de handicap.
Ce texte, fruit d’un long processus de concertations, constitue un tournant décisif dans la lutte contre les discriminations et pour l’inclusion sociale. Il garantit désormais aux personnes en situation de handicap un cadre légal solide, à la hauteur des engagements internationaux de la Guinée, et ouvre la voie à une société plus juste et plus solidaire.
*Une loi d’équité et de dignité*
Présentant le projet de loi devant les Conseillers, Madame Charlotte Daffé, Ministre de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables, a rappelé que « le handicap fait partie de la condition humaine » et que chacun peut, à un moment de sa vie, se retrouver confronté à une déficience temporaire ou permanente.
Elle a dénoncé les stéréotypes et préjugés qui marginalisent encore trop souvent les personnes handicapées, insistant sur la nécessité de changer de perception :
> « L’inclusion des enfants, des jeunes et des femmes en situation de handicap est possible si l’on reconnaît qu’ils ont les mêmes droits que les autres, si l’on admet qu’ils peuvent être des acteurs du changement, et si l’on fait entendre leur voix dans l’élaboration des politiques publiques », a-t-elle déclaré.
*Des innovations majeures*
La nouvelle loi va au-delà du texte de 2018, en introduisant des avancées significatives :
le droit d’accès prioritaire des personnes handicapées aux services publics et privés ;
l’introduction de la prévention et du dépistage précoce du handicap ;
la valorisation des activités artistiques, culturelles et sportives ;
la protection spécifique des femmes et enfants handicapés ;
et la mise en place de sanctions en cas de violation des droits.
Ces innovations visent à corriger les inégalités persistantes, mais aussi à renforcer la justice sociale et à consolider la cohésion nationale.
*Un engagement fort de l’État guinéen*
Dans son intervention, Madame Charlotte Daffé a tenu à remercier l’ensemble des acteurs impliqués dans la refonte du texte, notamment les organisations de défense des droits des personnes en situation de handicap, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, le PNUD, ainsi que ses prédécesseurs qui ont jeté les bases de ce combat.
Elle a exprimé sa gratitude au Premier ministre, M. Amadou Oury Bah, pour son implication constante dans la cause du handicap, et au Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, dont le leadership et la priorité donnée au secteur social ont permis d’élever la question du handicap au rang d’enjeu national.
*Une adoption historique*
La Ministre a conclu en soulignant que cette loi n’est pas une contrainte budgétaire pour l’État, mais un instrument de justice et de solidarité :
> « Elle soulage les familles et les communautés, garantit la cohésion sociale et favorise l’émergence de citoyens éduqués et en bonne santé. Son adoption et sa promulgation permettront une meilleure visibilité des personnes handicapées et une égalité réelle des chances dans tous les domaines de la vie nationale. »
Un appel entendu par les Conseillers nationaux qui, à l’issue des débats, ont adopté le texte à *l’unanimité.* Cette décision marque une étape historique et confirme la volonté de la Guinée de bâtir une société inclusive, où chaque citoyen, quelle que soit sa condition, a sa place et contribue à l’essor du pays.
Ibrahima CAMARA