Les cicatrices invisibles: le combat intérieur de Benjamin Kamano, victime de la tragédie de Simambossia

Dans la nuit du 31 juillet 2025, Benjamin Kamano a perdu quatre membres de sa famille dans une innondation meurtrière provoquée par la forte pluie qui s’est abattue sur Conakry. Ce drame produit à Simambossia dans la commune urbaine de Lambayi a causé la mort de ses trois enfants et son épouse. Dix jours après la tragédie, l’homme peine encore à se remettre des pertes subies. Bouleversé et cœur meurtri, Benjamin Kamano vie un véritable cauchemar depuis sa séparation brutale avec les êtres qui lui sont chers.
«C’est difficile, mais je suis entouré quand même des gens, ils font tout pour moi. je suis entouré de mes parents, ils me donne  des conseils, en tout cas je suis consolé.»
Lors du sinistre, 3 enfants de Benjamin Kamano ont été emporté par les eaux. En dépit des recherches entamées le jour du drame n’ont pas encore permis de retrouver les corps.
«Les trois corps, c’est sûr, mais le troisième corps. Il paraîtrait que c’est vers la mer à Kobaya qu’on a retrouvé un corps et c’était seulement les os mais moi je n’ai pas vu le corps. Il n’y avait que les ossements là-dedans. Donc je ne pouvais pas comprendre si c’est ma fille ou pas mais on me disait que c’était une fille. Parce même en voyant, c’était effrayant. Donc si c’est ma fille, c’est que c’est les trois corps ont été retrouvés. Mais je ne peux pas avoir la certitude, parce que je ne pouvais plus comprendre. Alors là où je suis comme ça, tous les enfants qui étaient avec moi à la maison sont partis . Je suis le seul dans ma vie comme si je nai jamais eu des enfants, la vie est devenue zéro pour moi. Si c’était les matériels on pouvait comprendre mais tout tes enfants dans la vie c’est grave», souligne t-il dans un ton teinté d’amertume
Suite à la tragédie, Benjamin Kamano a trouvé refuge chez l’un de ses frères où il reçoit des visiteurs mobilisés chaque jour pour lui apporter leur soutien et de le consoler. A ce jour, il ne prévoit pas de retourner à son domicile ruiné par l’innondation à cause surtout du mauvais souvenir qu’il garde encore des lieux.
«Je ne veux même pas entendre ça svp. Et là où je suis comme ça, là-bas est devenu maintenant un lieu sacré, interdit pour moi, parce que tant que je vois ça, je ne me retrouve pas, c’est comme le jour de drame. Donc j’ai peur même d’aller maintenant là-bas car je ne peux plus vivre comme avant, tous les enfants que j’ai eu dans la vie sont partis en un seul jour et ma femme ce n’est pas facile de me retourner là-bas non. C’est un coin que je ne me souviens même plus c’est-à-dire, quand j’imagine ça, je risque même de piquer crise et maintenant je suis à côté d’un grand frère.»
Le drame de Simambossia ainsi que d’autres produits dans les quartiers de Conakry dans la nuit du 31 juillet faisant un total de 17 morts a plongé tout le pays dans le désespoir. Une nuit noire qui reste gravée dans la mémoire collective des guinéens à jamais.
Ibrahima Camara