Ce mercredi 19 janvier 2025, lors d’une cérémonie axée sur la lutte contre la Mutilation Génitale Féminine à Conakry, notre rédaction a interrogé l’ex ministre de l’éducation du régime feu Général Lansana Conté Hadja Aicha Bah sur cette question. Dans son intervention, l’ex ministre de l’éducation nationale a donné son point de vue sur la mutilation génitale féminine en Guinée. Sans détour, elle a indiqué que l’excision est une calamité et une violence contre les femmes. Pour elle, la pratique de l’excision n’a aucun rapport avec les religions car dit-elle, aucune religion ne l’a recommande.
«Moi, je souhaiterais que toutes les jeunes filles fassent une espèce de campagne pour expliquer à leurs propres mères, à leurs tantes, à leurs pères que l’excision est une calamité, c’est une violence d’ailleurs faite aux femmes. Ce n’est pas religieux, dans aucune religion, il est dit qu’il faut exciser les filles. Alors pourquoi on va les exciser? On va dire que c’est la tradition donc il faut expliquer ça aux femmes. Une fois qu’elles savent que c’est dangereux, une fois qu’on explique aux pères que c’est dangereux, je suis sûre et certaine que ça va cesser», a-t-elle indiqué avant d’ajouter que pour réussir la lutte contre les mutilations génitales féminines, il faut une vaste campagne de sensibilisation afin de pouvoir conscientiser la population sur les dangers de ces pratiques.
«Oui, moi je pense qu’il faut oser parler, il faut expliquer. Il y a des gens qui ont peur, qui disent que c’est un sujet tabou. Il ne faut pas avoir peur de dire la vérité,il faut dire la vérité il faut expliquer. Il ne faut pas menacer la menace ne sert à rien. Il faut simplement expliquer, indiquer les dangers de l’excision. Mais je vous dis, si les parents connaissent les dangers de l’excision, ils ne vont pas le faire donc il faut parler», a mentionné Hadja Aicha Bah
A souligner que malgré des gros efforts consentis par les activistes et les institutions internationales dans la lutte contre les Mutilations Génitales Féminines depuis des décennies, la pratique reste toujours d’actualité en Guinée.
Ibrahima Camara