Dépenses fiscales 2023: l’État a perdu un équivalent de 3 470 milliards GNF soit 15% des recettes fiscales et 2% du PIB
Ce mercredi, 29 janvier 2025, le ministère du budget à travers le Bureau de stratégie et de développement a organisé un atelier de validation du rapport d’évaluation des dépenses fiscales édition 2023. La rencontre s’est tenue sous l’égide du ministre du Budget, Dr Facinet Sylla accompagné de son homologue de l’économie et des finances, Mourana Soumah.
Cet atelier qui a regroupé des cadres des départements sectoriels notamment le Ministère du budget, le ministère de l’économie et des finances et du plan a été une occasion pour le Directeur général du Bureau de stratégie et de développement de rappeler les efforts consentis par l’État pour soutenir les ménages et le secteur privé. Selon Dr Salifou Diallo, l’État a perdu un équivalent de 3 470 milliards GNF qui correspond à 15% des recettes fiscales de l’année 2023, équivalent de 2% du PIB pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages ainsi que des investissements privés.

«L’exercice qui nous réunis cet après midi est de procéder à la présentation du rapport sur les dépenses fiscales. l’État consentis beaucoup d’efforts pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages et pour soutenir les investissements privés. Il était important que nous puissions évaluer l’ensemble des efforts que l’État a consenti pour soutenir les ménages. Et aujourd’hui on a retenu que l’État pour l’exercice 2023 a perdu un équivalent de 3 470 milliards GNF qui correspond à 15% des recettes fiscales de l’année 2023, équivalent de 2% du PIB pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages ainsi que des investissements privés», a-t-il indiqué
Pour sa part, le Ministre du Budget, Dr Facinet Sylla, a fait savoir que pour atteindre certains objectifs économiques et soulager le panier de la ménagère l’État finance chaque année plus de 65 millions GNF rien que pour subventionner le riz et le sucre.
«C’est des renonciations importantes à des recettes fiscales qui auraient dû venir conforter les recettes de l’État. Donc chaque année on devait s’arrêter, faire un bilan. Combien l’État à renoncer à ce qu’il devait avoir. A titre d’exemple pour 2023, on a vu que l’État a renoncé à plus de 3 400 milliards de francs guinéens. Ce qui fait 15% de nos recettes fiscales et plus de 1,5% du PIB», souligne t-il avant de mettre un accent sur la nécessité de validation du rapport d’évaluation des dépenses fiscales annuelles pour permettre à chacun de savoir ce que l’État fait comme efforts pour soulager le panier de la mégère et de soutenir les investissements privés.
«Cet exercice on ne l’a pas fait depuis 2018. Donc il était important de commencer à le faire pour montrer à tous qu’est-ce que l’État fait comme efforts, ce à quoi il renonce? Et est-ce qu’en contrepartie il y gagne quelques choses?. C’est toute une question qu’on doit débattre avec le ministère de l’économie et des finances et voir qu’est-ce qu’on peut faire avec les autres secteurs», a souligné le Ministre du Budget
Pour faire face à cette perte de recettes de l’État, le Directeur général du Bureau de stratégie et de développement a préconisé l’élaboration d’un plan de rationalisation des dépenses fiscales, évaluer les taxes en tirant des leçons pour procéder aux réformes qu’il faut pour rationaliser les dépenses fiscales.
A noter que cet atelier est organisé grâce à un appui des partenaires de l’Union Européenne et de l’Agence Française de Développement à travers Expertise France et le programme AMRIC.

Facinet Camara