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Guinée : Makoura Onivogui (UGT) dénonce le « calvaire » des enseignants du secteur privé

Les responsables de l’Union Générale des Travailleurs (UGT) ont tenu une conférence de presse ce mardi 13 janvier 2026. L’objectif : présenter leur feuille de route pour l’amélioration des conditions de vie de la classe ouvrière guinéenne. Au cœur des échanges, la secrétaire générale Makoura Onivogui a vigoureusement fustigé la précarité qui frappe les enseignants des écoles privées.

​Dans sa prise de parole, la secrétaire générale de cette nouvelle structure syndicale a pointé du doigt l’absence de contrats formels et l’anarchie salariale qui règnent dans l’enseignement privé. Selon elle, les enseignants y sont régulièrement exploités par des fondateurs qui fixent les rémunérations de manière discrétionnaire, au mépris de la législation guinéenne.

​« On dénombre 3 527 écoles privées contre 1 080 écoles publiques. Cela signifie que nos frères et sœurs sont bien plus nombreux dans le privé. Pourtant, personne ne s’occupe d’eux. Rares sont ceux qui disposent d’un contrat de travail. Le fondateur peut vous licencier selon son humeur. De plus, les salaires ne sont pas harmonisés : pour un même niveau, un enseignant peut toucher un million de francs guinéens ici, et seulement 500 000 là-bas. »

​L’autre point noir soulevé par l’UGT concerne la suspension des salaires durant la période estivale, plongeant des milliers de familles dans une insécurité financière totale.

​« Dans le privé, les paiements s’arrêtent souvent au mois de juin. Comment ces enseignants vivent-ils en juillet, août et septembre ? Certaines écoles versent une moitié de salaire, d’autres rien du tout. Il existe même des établissements installés dans des domiciles familiaux sans aucune structure. Ce sont des réalités que l’UGT va prendre en charge », a-t-elle martelé.

​Enfin, Madame Onivogui a dénoncé les pressions et les licenciements abusifs visant les travailleurs qui tentent de s’organiser. Une situation paradoxale alors que les employeurs, eux, sont structurés en associations.

​« Dès qu’un fondateur sent qu’un groupe veut créer un syndicat, le meneur est licencié dès le lendemain. Pourtant, la loi est claire : à partir de 20 travailleurs, une représentation est obligatoire. Les fondateurs ont leur association, mais refusent ce droit aux enseignants. »

​Face à ce constat alarmant, l’UGT entend engager un bras de fer diplomatique pour régulariser le secteur. L’organisation prévoit de solliciter l’arbitrage des autorités et du patronat afin d’imposer un cadre réglementaire strict et harmonisé au sein des établissements privés de Guinée.

Facinet Camara