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Kindia : Colère des délégués du FRONDEG, ils réclament leurs primes de scrutin

L’après-midi du lundi 29 décembre a été marqué par de vives tensions au quartier Tafory Gangan. Des délégués du Front pour la Défense des Droits et de l’État de Droit (FRONDEG) du Candidat Abdoulaye Yero Baldé ont investi le siège local du parti pour exiger le versement de leurs indemnités liées à l’élection présidentielle du week-end dernier.
Le mécontentement couve depuis la fin du scrutin. Venus réclamer leurs primes de formation, de transport et de mission, de nombreux délégués accusent les responsables locaux de leur parti de « manœuvres dilatoires ». La situation a rapidement dégénéré, obligeant la gendarmerie à intervenir. Un pick-up de forces de l’ordre a été déployé sur les lieux, et plusieurs cadres du FRONDEG ont été interpellés puis conduits devant le préfet afin de désamorcer la crise.


Pour les manifestants, le sentiment de trahison est profond. Ils dénoncent une opacité totale sur les montants promis. « On nous a rassurés, nous avons suivi les formations, mais rien ne vient. Les chiffres changent tout le temps : on parlait de 70 000 francs, puis on nous propose 5 000 francs. Ce n’est pas sérieux », s’indigne Rayannatou Baldé, l’une des déléguées mobilisées.
Le témoignage de Mohamed Conté illustre le calvaire logistique vécu par certains :
« Chaque jour, on nous reportait au lendemain pour les ordres de mission et les primes. Nous avons honoré notre engagement le jour du vote, mais aujourd’hui, le compte n’y est pas. Certains d’entre nous ont dépensé plus de 100 000 francs uniquement pour le transport. »
Au-delà de la simple gestion administrative, certains délégués soupçonnent des irrégularités financières. C’est le cas d’Aboubacar Kaddi Camara, déployé dans la zone reculée de Baguéa. Après avoir déboursé des sommes importantes pour rejoindre son poste, il estime que les fonds ont été détournés : « Nous comprenons que l’argent a été débloqué mais qu’il n’arrive pas jusqu’à nous. Désormais, nous exigeons un forfait global de 300 000 francs pour couvrir nos frais et notre travail. »


Cette crise interne au FRONDEG survient dans un climat post-électoral fragile. Déterminés, les délégués affirment qu’ils ne quitteront pas le terrain de la contestation tant que leurs droits ne seront pas respectés.

Toupsib depuis Kindia