Pourquoi les poubelles publiques disparaissent des grands axes routiers de Conakry ?
Cette décision a suscité une vague d’indignation et de frustration parmi les habitants de la capitale, surpris par la suppression des bacs sans aucune explication préalable. Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 28 novembre 2025, le Directeur Général de l’Agence Nationale de l’Assainissement et de la Salubrité Publique (ANASP), M. Mamoudou DIANE, est revenu sur les raisons qui ont motivé cette mesure vivement critiquée.
Selon lui, l’installation de ces poubelles le long des grandes artères était une très mauvaise décision.
M. DIANE a détaillé les trois principales raisons de cette décision :
« Les petits bacs qui étaient le long des artères étaient une très mauvaise décision pour trois causes. La première, c’est une question de justice. Quelqu’un qui habite le long des artères, que ce soit sur la Route Le Prince ou l’autoroute, et de surcroît dans un immeuble, a un niveau de vie plus convenable que celui qui vit dans une simple concession. On le pousse à s’abonner [à un service de collecte payant] et on laisse [le bac public]. Cela fait deux poids, deux mesures. Et quand on enlève le bac, il n’a rien à faire, il va continuer à mettre [ses ordures] devant. C’est le deuxième inconvénient.Troisièmement, tout se paie, à commencer par l’électricité, l’eau ; la propreté aussi devrait l’être. Partout dans le monde, on prend un abonnement. »
Le DG de l’ANASP a ensuite mis l’accent sur la nécessité pour chaque ménage de s’abonner aux services des Petites et Moyennes Entreprises (PME) d’assainissement. Un travail qu’ils ont entamé en collaboration avec les responsables locaux.
« Nous travaillons aujourd’hui avec les PME pour établir une vraie cartographie afin que chaque secteur ait une PME. Nous le faisons en étroite collaboration avec les responsables de secteurs. Ce sont les quartiers qui vont assurer la mise en relation de leurs citoyens avec les PME. Il y a aussi une volonté de recruter parce que ces PME ne sont pas dans la professionnalisation. Si vous remarquez, beaucoup de ces travailleurs sont des Léonais [ressortissants de la Sierra Leone]. Ce n’est pas interdit à un Léonais de travailler ici, mais est-ce qu’il a le même amour de ce pays quand il prend des sacs d’ordure ici ? Il va aller les déposer sur le trottoir. Il s’en fiche de la beauté de notre pays et de la santé publique. »
Dans ce sens, le Directeur Général de l’ANASP a affirmé qu’un travail remarquable est en cours sur le terrain afin d’offrir un environnement sain et vivable.
« Je pense que nous sommes en train de faire un travail remarquable pour assainir ce secteur. Et avec l’accompagnement des acteurs, nous comptons réellement sur l’implication de tout le monde. Parce que la communication dans ce domaine est primordiale, absolument primordiale », a-t-il souligné.
Ibrahima Camara

