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M’mah Sory : Le battement éternel du Soli dans le Kania (Par Mady Bangoura)

M’mah Sory demeure une figure légendaire du Soli, cette danse emblématique qui incarne la fierté et l’âme de la communauté Soussou. Sa passion pour ce rythme était une force de la nature, une quête incessante qui le poussait à une dévotion presque mystique.

On raconte qu’il grimpait aux arbres pour capter le moindre écho d’un balafon ou d’un tambour, ces instruments sacrés qui rythment le Soli. Un son perçu, et le voilà aussitôt sur sa bicyclette, prêt à parcourir des kilomètres pour rejoindre la source de cette mélodie envoûtante.

​Cependant, c’est sa performance d’une nuit entière qui a immortalisé M’mah Sory. De la tombée du jour aux premières lueurs de l’aube, il a affronté tous les danseurs du Soli dans un défi d’endurance et de virtuosité. Nul n’a pu le vaincre. Ses concurrents, épuisés, défaits, se retiraient avec des entorses et des bras bandés, victimes de la puissance et de la détermination de cet homme fort.

​Interrogé sur l’origine de son invitation, sa réponse est devenue une maxime qui cristallise sa ferveur pour le Soli : « I tan na n’khiliya n’fa manè. Khali i mu n’khiliya n’fa manè… » – « Si tu m’invites, je viendrai. Et même si tu ne m’invites pas, je viendrai. »

​Cette déclaration n’est pas seulement l’expression d’une présence, elle est un manifeste de l’engagement inconditionnel de M’mah Sory envers le Soli. Il était plus qu’un danseur; il était l’incarnation de ce riche patrimoine Soussou, le gardien de sa flamme.

Sa vie fut un hommage perpétuel au rythme, une danse ininterrompue qui a élevé le Soli au rang d’art intemporel, faisant de lui un héros populaire dont la légende continue d’inspirer les générations.

Par Mady Bangoura