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Inondations meurtrières à Conakry : Moussa Sangaré appelle l’État à agir pour limiter la tragédie 

Ces derniers temps, la Guinée fait face à des inondations meurtrières causant la mort de 18 personnes, des disparus et des dégâts matériels importants, selon le bilan fournit par l’ANGUCH. Des inondations provoquées par des fortes pluies qui s’abattent sur le pays depuis le début du mois juillet. Ces intempéries qui touchent particulièrement la ville de Conakry suscitent des inquiétudes chez la population. Dans un entretien accordé à notre rédaction ce mardi, 05 août 2025, le président de la CONASOC, Moussa Sangaré a déploré ces catastrophes qui ont endeuillées plusieurs familles.
«Déjà, c’est une désolation car  une seule vie, c’est déjà une catastrophe. Et dans quelles conditions ? Les personnes, c’est de façon atroce. Certains, pendant qu’ils dorment, sont victimes de ces éboulements et écoulements d’eau. C’est vraiment triste, mais c’est le lieu d’interpeller le gouvernement aussi et nous, les citoyens», a-t-il déploré, soulignant que les constructions anarchiques seraient à l’origine de ces catastrophes.
«Aujourd’hui, il y a des constructions anarchiques qui sont un peu partout, qui bloquent le lit des cours d’eau. Et lorsque le lit des cours d’eau est bloqué, forcément, l’eau va trouver une autre voie. Ce qui fait que la plupart des endroits où il y a des catastrophes, ce sont des bas fonds, où le cours d’eau existe. Et aussi, la pauvreté fait que les constructions ne sont pas en dur», souligne t-il
Face à ces inondations meurtrières, le président de la CONASOC a invité l’État à prendre ses responsabilités avant qu’il ne soit trop tard. Il a cet effet proposé quelques pistes de solutions.
«Le rôle de l’État dans ça, c’est l’aménagement de ces endroits pour y créer des conditions idoines. Tous ceux qui ont construit sur le lit des cours d’eau, c’est là où l’État doit être fort. C’est difficile, mais defois, il faudrait qu’on prenne des mesures adéquates pour que ceux qui sont dans le lit les cours d’eau, qui sont dans les bas fonds où on ne doit pas vivre, qu’on les dégage complètement et qu’on les recase ailleurs. C’est la meilleure solution», préconise Moussa Sangaré avant d’inviter les populations à plus de civisme en évitant de déposer les ordures dans les canaux d’évacuation des eaux de ruissellement.
«Je peux dire que nous, en tant que population aussi, il faut cultiver un peu le civisme. Aujourd’hui, les caniveaux, c’est nous qui jetons les ordures. Ce n’est pas l’État qui jette les ordures, c’est nous qui jetons les ordures. C’est nous qui bouchons les caniveaux et on est étonné de voir la même saleté retourner à la maison. Nous acteurs de la société, chacun a son rôle. Nous-mêmes, on est responsables, parce qu’on doit sensibiliser la population et éduquer la population pour qu’elle change certaines méthodologies», a fustigé le président de la CONASOC tout en demandant au  gouvernement de prendre des dispositions en procédant au curage les caniveaux avant la saison pluvieuse pour sauver la vie des citoyens. Aussi de procéder au déguerpissement des zones à risques d’inondations.
«On ne peut pas attendre la saison pluvieuse pour curer les caniveaux. Je pense que c’est un travail qu’on peut faire en amont. Partout où les maisons sont construites, dans les cours d’eau, il faut essayer de les déguerpir, toutes les zones à risque doivent être répertoriées parce que ça fait deux ans, trois on est dans les mêmes problèmes. Ces zones peuvent être étiquetées comme des zones à risque. Toutes les zones à risque, on doit interdire la construction. Ou bien l’État crée les conditions et transforme pour que les conditions de vie soient optimales, pour qu’on puisse installer les gens», a-t-il indiqué
Ibrahima  Camara