De la Chine à la Guinée : Réflexion sur le développement progressif des PME
La Chine, aujourd’hui puissance industrielle mondiale, n’a pas toujours été synonyme de qualité. Pendant des décennies, son objectif premier n’était pas de produire selon les standards occidentaux, mais de produire tout court. Le gouvernement chinois a d’abord misé sur la quantité plutôt que la qualité, en encourageant massivement les ingénieurs, inventeurs et entrepreneurs à créer, expérimenter, et inonder le marché local avec des produits “Made in China”, sans exiger une conformité immédiate aux normes internationales.
Ce n’est que dans un second temps, après avoir assuré l’accès de sa population à des biens essentiels, que la Chine a engagé une véritable montée en gamme. Son adhésion tardive à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) illustre cette stratégie mûrement réfléchie : elle visait à protéger ses jeunes industries contre les contraintes réglementaires internationales qui auraient pu freiner leur croissance.
Ce modèle montre bien qu’aucune nation ne s’est développée en imposant, dès le départ, les standards des pays développés à des structures économiques encore fragiles. Il est utopique et contre-productif d’exiger une qualité irréprochable de la part de PME à peine naissantes. La progression vers la qualité est un processus, pas un point de départ.
C’est dans cette perspective que je souhaite attirer l’attention de Madame la Ministre du Commerce et des PME. La récente décision de fermer massivement les unités industrielles de production d’eau en sachets constitue, selon moi, une entrave majeure à l’émergence du tissu entrepreneurial local. Certes, la réglementation est nécessaire, mais elle doit être progressive et accompagnée.
Il est urgent de substituer la logique punitive par une logique de soutien. Pour cela, il est indispensable de mettre en place :
Un plan national de mise en conformité, avec des délais réalistes ;
Un accompagnement technique et financier des PME concernées ;
Des mécanismes d’incitation à la qualité, plutôt que des sanctions immédiates.
Autrement dit, soutenons nos entrepreneurs pour qu’ils grandissent, au lieu de les sanctionner dès qu’ils essaient de produire.
Daniel KOLIE
Leader Politique
Consultant en Management RH

