Julius Maada Bio, président de la Sierra Leone, élu président de la Cédéao

Un agenda ambitieux, alors que l’Afrique de l’Ouest « est confrontée à de graves défis, certains de longue date, d’autres nouveaux et évolutifs », a-t-il jugé. Ces défis incluent « l’insécurité au Sahel et dans les États côtiers, le terrorisme, l’instabilité politique, les flux d’armes illicites et le crime organisé transnational ». Des coups d’État et tentatives de coups d’État ont touché presque la moitié des pays membres originels de la Cédéao durant la dernière décennie, créant des tensions entre voisins.
Rupture de la règle tacite de l’alternance
Cette élection du président de Sierra Leone est une énorme surprise. En effet, même si dans la dernière ligne droite, le profil du président du Ghana avait été mis en avant, Bassirou Diomaye Faye, président du Sénégal, faisait figure de favori, notamment parce que la Cédéao avait, jusqu’ici, respecté une alternance informelle entre présidents francophones, anglophones et lusophones. Finalement, deux anglophones se succèdent à la tête de l’organisation, une rupture dans cette règle non tacite d’alternance. Une chose est certaine, Julius Maada Bio prendra la tête d’une organisation en pleine crise de la cinquantaine.
Vers une sortie organisée du Mali, du Burkina Faso et du NigerJulius Maada Bio, président de la Sierra Leone, élu président de la Cédéao
Mais ce sommet du 22 juin 2025 ne s’est pas limité à cette élection. Les dirigeants ouest-africains ont aussi décidé de nommer un négociateur chargé de superviser la procédure de retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger – trois pays dirigés par des juntes militaires ayant formé leur propre bloc : l’Alliance des États du Sahel (AES). Le négociateur sera assisté de trois ministres issus de pays membres. Le compte à rebours est enclenché : la sortie officielle des trois États sahéliens est prévue fin juillet.
Depuis plusieurs mois, les groupes jihadistes ont multiplié les offensives dans la région. Au Mali, des postes militaires ont été visés ; au Burkina Faso, des incursions ont été signalées jusque dans de grandes villes ; au Niger, les forces armées ont subi de lourdes pertes. Même le Nigeria, pays hôte du sommet, a connu une recrudescence des attaques, tant contre les villages que les installations militaires.
RFI

