Dr Edouard Zotomou à propos de la tenue du référendum: “Le 21 septembre ne sera pas tenable”
En début de semaine, le Président de la République, Général Mamadi Doumbouya a pris un décret pour fixer la date du référendum au 21 septembre 2025. Pour bon nombre d’observateurs, cette décision marque un pas important dans le processus de retour à l’ordre constitutionnel en Guinée. Cependant, cette annonce est loin de faire l’unanimité sur le paysage politique guinéen. Lors d’un entretien accordé à notre rédaction ce mercredi, 02 avril 2025, le président du parti l’Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès (UDRP) s’est montré très dubitatif par rapport au respect de cette date. Dr Edouard Zotomou Kpoghomou comme tant d’autres leaders politiques attend de voir la matérialisation effective de cette décision des autorités sur le terrain.
Bonjour Dr, le Président de la République à travers un décret a fixé la date du référendum au 21 septembre 2025. En tant que leader politique, quelle lecture faites-vous de cette décision du Général Mamadi Doumbouya?
Dr : Le décret fixant le 21 septembre pour la tenue du référendum, pour nous c’est une promesse parmi tant d’autres. Ce n’est pas la première fois qu’on promet une chose durant cette transition et qu’elle reste sans être réalisé. Et nous pensons également que cette promesse de tenir toutes les élections en 2025 est déjà annulée. Parce que le référendum était supposé être tenue dans les premiers trimestres de l’année 2025. À la fin du premier trimestre rien n’était fait dans ce sens et on voit pas comment d’ici-là dans cinq (5) mois pour tenir un référendum, il faut du fichier électoral puisqu’il faut des électeurs et pour avoir des électeurs il faut d’abord en finir avec un recensement qui soit crédible . Or il y avait le PN – RAVEC qui faisait le recensement qu’on avait simplement arrêté par manque de ressources. Je dois dire que c’est comme ça il faut se dire alors qu’on peut pas organiser un autre recensement pour essayer d’être dans le temps à partir du moment où c’est pas seulement le recensement qui nous fera gagné en temps. Ce qu’il faut voir c’est surtout le fait que des organisations qui peuvent travailler sur terrain ne sont pas encore mis en place, non seulement le fichier n’existe pas, le projets de constructions sur lequel les gens doivent voter n’est pas encore revue par les experts dont on a parlé. Les experts ne sont pas encore là pour déterminer, voilà le projet sur lequel les gens doivent voter. Personne ne connait il y a eu un avant projet mais il devait passer devant un panel d’experts qui a été choisis unilatéralement(…) par la junte pour pouvoir sortir quelques choses . En dehors de cela, il faut voir que pour qu’ont parle du fichier électoral il faut le référendum. Pour aussi valider des électeurs, il va falloir que la junte elle-même se dise que le processus ne sera pas de façon unilatéral. Parce que l’objectif est de pouvoir faire participer le maximum pour minimiser les contestation qui peuvent venir à la fin du processus. Nous disons en terme d’organisation, il faut prioriser que l’on assure la crédibilité parce qu’il doit y avoir un organe de gestion qui soit indépendant qui nous permettrait de ne pas contester la chose. Or nous voulons aujourd’hui que le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation s’occupe de toute l’organisation ce qui est déjà un problème vue qu’il y a un manque de crédibilité et de confiance entre les acteurs et l’administration. Nous autres, nous voyons de très mauvais œil le fait que l’administration est la main mise. Et là, il n’y aura pas de transparence du point de vue de la gestion des élections puisqu’ils sont nommés par le CNRD. A partir du moment où il y a la grande possibilité que le cnrd soit présent dans les grandes élections a travers les représentants.
Selon vous, est-ce que cette date est tenable ?
Dr: Non! la date du 21 septembre 2025 ne sera pas tenable parce que pour arriver à cette date beaucoup d’autres choses doivent être mises en place: il y a manque de fichier électoral, le manque d’organe de gestion des élections, le manque du ressources peut être pour organiser ce référendum, le manque d’une constitution sur laquelle on doit organiser ce référendum. En plus du fait qu’il y a eu beaucoup d’autres promesses qui n’ont jamais été ténues étant donner que c’était depuis le premier trimestre ça allait avoir lieu. Donc rien ne prouve aux gens qu’en septembre nous aurons rempli toutes ce conditions surtout que le fichier n’existe pas. On veut refaire un recensement au lieu de se rabattre sur ce que nous avons déjà en place. Donc on ne pense pas que ça soit tenable.
Alors qu’est-ce qu’il faut aujourd’hui pour que cette date soit respectée?
Dr: Nous avions déjà dit dès le départ, on ne peut pas réinventer la roue pour tenir ce processus. Si on nous avait écouté d’abord, 2020 les élections ont été tenues sous la base d’un fichier ,ce fichier là avait été toiletté deux fois par l’OIF et par la CEDEAO. Et ce fichier a été pratiquement accepté par tout le monde, tout les participants .on s’est dit qu’au lieu de réinventer la roue et de chercher mordicus a refaire en faisant un RAVEC. Nous avions dénoncer que le RAVEC ne devrait pas nous emmener à l’élaboration d’un fichier. On s’est dit étant donné que nous avions fait les élections en 2020 alors il faut se rabattre sur ce fichier et le mettre à jour en y ajoutant ceux qui ont eu l’âge de voter et enlever ceux qui ne sont plus dans ce monde. Ensuite, c’est de faire en sorte d’avoir un organe indépendant de gestion des élections. Ça ne sert à rien d’organiser les élections si les résultats seront contestés. Donc il faut accepter d’associer les formations politiques.
Merci Monsieur le président du parti UDRP
Entretien réalisé par Ibrahima Camara