Tribune : Le Président Mamadi Doumbouya, l’Architecte d’un Accord Historique pour son pays
L’histoire économique de notre pays a été marquée par des périodes où les défis étaient majeurs, mais où la convergence entre vision et action a souvent fait défaut pour garantir
des résultats durables. Le projet Simandou constitue une exception notable : il illustre parfaitement la rencontre entre une ambition affirmée et une détermination sans faille, démontrant ainsi l’impact d’un leadership avisé. Pendant des décennies, l’exploitation de ce gisement de minerai de fer est restée un espoir lointain. C’est grâce à la volonté politique, au courage et à la ténacité du Président Mamadi Doumbouya que cet espoir a pris corps, devenant une réalité concrète et porteuse de bénéfices pour la Guinée.
Aujourd’hui, nul, en Guinée comme ailleurs, ne saurait remettre en cause la légitimité et la solidité des accords conclus sous sa direction. Par sa lucidité, sa vision stratégique et sa fermeté dans la défense des intérêts nationaux, le processus de renégociation du projet Simandou a abouti à des avancées significatives. Il a permis de garantir une
exploitation optimisée du gisement, la construction et la gestion intégrée du chemin de fer, la mise en place d’une aciérie ou d’une usine de pellets pour assurer la transformation du minerai, ainsi que la construction d’infrastructures portuaires essentielles à son exportation. La viabilité d’une convention minière repose sur cette chaîne de valeur, qui est désormais pleinement intégrée dans le cadre du projet.
Ce projet, d’envergure internationale, avait jusqu’alors été largement dominé par des intérêts étrangers peu soucieux des bénéfices pour la Guinée. Grâce à un réajustement en profondeur, il prend désormais pleinement en compte l’intérêt de l’État guinéen et génère des retombées tangibles pour ses citoyens. Sans l’engagement sans faille du chef de l’Etat , chef suprême des armées, le Général Mamady Doumbouya, il aurait été impensable, en Guinée comme à l’international, d’obtenir de la part des partenaires industriels des concessions d’une telle ampleur. Certainement pas par ceux qui, malgré un passé peu glorieux, nourrissent aujourd’hui des ambitions incertaines pour la magistrature suprême.
Le travail accompli par le comité stratégique mis en place pour conduire cette renégociation mérite d’être salué. Je tiens à saluer son président, M. Djiba Diakité, ministre directeur de cabinet de la présidence, ainsi qu’à l’ensemble de ses membres, dont l’implication a permis d’introduire pas moins de 12 nouvelles avancées majeures dans la nouvelle convention. Ces acquis témoignent non seulement de la détermination du Président Doumbouya à préserver les intérêts économiques du pays, mais aussi de sa vision d’homme d’État soucieux d’un développement inclusif et pérenne pour la Guinée.
Ces 12 avancées se déclinent comme suit:
1. Redevances de tonnage :
Le Président Doumbouya a réussi à instituer une redevance sur les tonnes transportées par la Compagnie Transguinéenne (CTG), garantissant des revenus réguliers pour l’État.
2. Avantages liés aux retenues à la source :
Suite à la renégociation, plusieurs retenues à la source sont désormais établies,
notamment :
• Une retenue à la source de a été introduite concernant les intérêts payés sur les prêts commerciaux souscrits par la CTG dans le but de diversifier les assiettes imposables pour l’État et de lui permettre de ne pas être lésé au cas où la CTG refinancerait tout ou partie de ses prêts d’actionnaires pour réduire son coût du capital.
• Une retenue à la source est désormais prévue en phase d’exploitation sur les intérêts payés par la CTG concernant ses prêts actionnaires.
• Une autre sur les dividendes.
Ces mesures assurent des revenus durables tout en protégeant les intérêts fiscaux de la Guinée.
3. Imposition des plus-values de cession :
Le régime s’appliquant aux plus-values de cession a été revisité au cours des négociations avec les partenaires industriels. Celui-ci prévoit désormais que les transactions résultant en un transfert direct ou indirect d’un certain seuil des droits de vote, des actions ou des droits financiers de la CTG sur une période de 10 ans seront soumis à une imposition. Ce mécanisme permettra ainsi de couvrir davantage de transactions visant le transfert direct ou indirect de la CTG (lesquelles incluent les transactions de fusion/absorption et d’offre publique d’acquisition réalisées sur les marchés internationaux) et d’éviter tout abus consistant à réaliser plusieurs transactions pour éviter toute imposition en République de Guinée.
4. Construction d’infrastructures ferroviaires et portuaires et leur transfert à la CTG :
Sous instance du Président de la République, le projet inclut désormais la construction d’une voie ferrée de 657 km au lieu de 2 prévues dans la convention de base pour minimiser les dégâts environnementaux et de vastes infrastructures portuaires qui, une fois achevées, seront désormais transférées sans conditions à l’État. Dans la convention de base, il était prévu que ces infrastructures servent exclusivement au transport du minerai et uniquement réservées aux
compagnies l’ayant réalisées. Cet état des faits a été revu et désormais, ces infrastructures seront multi-usages et multi-usagers, c’est-à-dire qu’elles serviront à transporter les personnes et leurs biens autres que les mines. Ainsi, elles auront désormais un impact majeur pour désenclaver le pays, faciliter le transport des
passagers et des produits agricoles, et stimuler la diversification économique en faisant du secteur minier un catalyseur de croissance des autres secteurs.
5. Obtention d’actions non contributives:
L’État guinéen détient désormais sa parts dans la CTG et dans les sociétés de barges et de transbordement. Il est aussi très très important de préciser que cette part de l’Etat est non contributives et non dilutives. Il était incompréhensible que l’État n’ait pas de titre de propriété dans la compagnie qui transporte ses minerais.
6. Promotion du contenu local :
Le projet met l’accent sur l’emploi local, l’approvisionnement en matériaux localement
produits et le transfert de technologies. Par ailleurs, une école ferroviaire à Beyla et un partenariat avec l’Institut Polytechnique de Conakry déjà prévus par le projet garantiront l’implication directe des Guinéens dans ce projet de grande envergure.
7. La transformation sur place :
Les partenaires industriels sont désormais tenus de réaliser une étude de faisabilité pour
l’implantation d’une aciérie ou d’une usine de pellets. Si cette obligation n’est pas
remplie, l’État pourra réaliser ces projets à leur charge, marquant ainsi sa souveraineté dans la gestion intégrée du projet. Une obligation est aussi faite à WCS et Simfer, sous réserve de la réalisation d’une étude de faisabilité positive, de s’engager, en partenariat avec des opérateurs de renommée internationale, à partir du 1er janvier 2036, à construire une aciérie avec une capacité annuelle de production de 500 000 tonnes par an ou une usine de pellet d’une capacité de 2 millions de tonnes par an.
8. Suppression du congé fiscal :
L’exonération d’impôt sur les sociétés (IS) pendant 10 ans a été supprimée. Cette réforme permet à la Guinée de se garantir un revenu à chaque étape du projet et de poursuivre sa dynamique d’augmentation de pression fiscale et de sa lutte contre la cécité fiscale. 10 ans sans taxe étaient inadmissibles.
9. Un chronogramme rigoureux :
Le meilleur des paris reçus est l’établissement d’un calendrier strict pour assurer
l’avancement du projet d’ici le 31 décembre 2025, avec des jalons clairs pour la réalisation des travaux ferroviaires et portuaires. En tout état de cause, si les travaux ne sont pas achevés au 31 décembre 2025 grâce à la rigueur du chef de l’État, des pénalités mensuelles forfaitaires de retard seront appliquées.
Ce calendrier très rigoureux assorti de pénalités lourdes à partir de 2026 témoigne de la
détermination du Président Doumbouya à garantir la réalisation des infrastructures dans les délais impartis.
10. Respect des normes environnementales et sociales :
Le projet a été conçu pour répondre aux normes internationales les plus strictes en matière environnementale et sociale, avec une attention particulière portée aux communautés locales affectées. Un corridor agricole est également prévu, afin de désenclaver les terres agricoles situées le long de la voie ferrée, favorisant ainsi le développement de l’économie rurale. Un parc industriel dans la zone portuaire est également planifié pour soutenir le développement économique local et national et pour renforcer l’impact du projet Simandou dans la transformation des matières premières.
11. Mobilisation du financement intérimaire nécessaire à la survie du projet :
L’État guinéen, à travers le comité stratégique, a exigé l’établissement d’un financement intérimaire couvrant la période d’août à décembre 2023, afin de collecter rapidement 200 millions USD pour les travaux ferroviaires. En décembre 2023, un financement complémentaire de 400 millions USD a été levé par les promoteurs du projet, consolidant ainsi le financement global du projet grâce à l’implication de Baowu, un géant mondial de l’acier.
12. Approbation du CAPEX de 20 milliards USD par la NDRC :
Sous le leadership déterminé et pragmatique du Président Doumbouya, un dialogue constructif avec les partenaires industriels a abouti à un accord historique. Le 29 décembre 2023, Baowu Resources a annoncé l’approbation par la Commission
Nationale de Réforme de Chine (NDRC) d’un financement de 20 milliards USD, un tournant décisif dans la réalisation du projet Simandou. Ce fait marque non seulement une avancée majeure, mais aussi la position unique du président Doumbouya comme acteur principal du projet Simandou.
La nouvelle convention Simandou n’est pas simplement une renégociation, mais
une véritable révolution économique et politique pour la Guinée. Elle met fin aux accords déséquilibrés où les ressources naturelles du pays étaient exploitées sans que l’État en tire des bénéfices réels. Elle incarne une prise de contrôle souveraine du destin économique de la Guinée.
Cependant, malgré ces accomplissements impressionnants, plusieurs recommandations au nombre de 11 peuvent être formulées à l’intention du gouvernement. Elles se présentent comme suit :
1. Sécurisation et aménagement du corridor ferroviaire,
L’Etat doit prendre des dispositions dans un délai n’excédant pas deux ans pour construire des commissariats et des brigades de gendarmerie le long du corridor ferroviaire. De même, l’urbanisation de la zone industrielle doit être accélérée pour éviter une occupation anarchique des riverains et garantir un développement structuré.
2. Plan d’urgence pour les localités riveraines du projet,
Il faut accélérer la mise en œuvre d’un plan d’urgence de développement pour les préfectures de Beyla, Macenta,Forécariah et Kérouané. Ces localités vont connaître une augmentation rapide de leur population ce qui pourrait priver Conakry de denrées alimentaires locales en provenance de la forêt. . Il faut donc
anticiper le lotissement de ces localités , construire des écoles, des hôpitaux, des
marchés, ainsi que des infrastructures agricoles pour garantir un équilibre entre croissance économique et qualité de vie.
3. Formation et anticipation de la transformation locale, la construction d’une école ferroviaire, l’État doit prendre des mesures pour envoyer dès 2025 des lauréats du BAC et les étudiants brillants des filières techniques de Gamal Abdel Nasser et autres à l’étranger afin de se former en métallurgie et en industrie de l’armement. Il ne suffit pas seulement de transformer le minerai sur place en acier ; il faut aller plus loin en transformant cet acier en produits finis.
Un partenariat stratégique doit être envisagé avec les puissances étrangères comme la Russie , la Chine, la France, l’Egypte,… pour, à l’horizon 2050, construire une industrie d’armement en Guinée. Cette usine pourrait à la fois équiper nos forces de défense et ravitailler le Sahel et l’Afrique en matériel militaire. La fabrication
du fer à béton , des pointes doit être aussi envisagée.
4. Création d’un Fonds souverain dédié à l’éducation et à la santé,
L’État doit mettre en place un Fonds souverain alimenté par une partie des revenus du projet Simandou et exclusivement réservé à l’éducation et à la santé. Ce Fonds pourra aussi financer les zones enclavées comme les îles de Loos et servir de garantie pour le financement des entreprises locales.
5. Production locale des biens de forte pour limiter la dépendance extérieure
Le caractère flexible du régime de change fixe du GNF et le fait que la Guinée soit hors union monétaire, rendent son économie vulnérable aux chocs extérieurs. Malgré le mega projet Simandou , le pays pourrait être fragilisé par les différentes tensions commerciales et géopolitiques étrangères surtout avec la montée en puissance des républicains aux Etats-Unis, la persistance du conflit russo-ukrainien, l’envahissement du Sahel par les djihadistes et la fragilisation de la CEDEAO. L’État doit envisager, à l’horizon 2030, une production massive et locale de biens de forte consommation (sucre, huile d’arachide, purée de tomates,riz…). La mise en œuvre de cette politique nécessitera le désenclavement des zones agricoles, la construction de magasins de stockage et d’entreposage et l’accélération de l’électrification rurale pour assurer une conservation optimale des denrées.
6. Contrôle rigoureux des exportations minières,
Il est s’avère nécessaire d’acquérir un équipement de pointe permettant de mesurer avec précision le volume et la teneur du minerai destiné à l’exportation. Sans cela, il sera impossible d’assurer une mobilisation efficace des ressources financières issues du projet.
7. Reconstruction de la route nationale numéro 1 le long du corridor ferroviaire,
L’État doit reconstruire en BOT la route nationale numéro 1 reliant Kankan, Kérouané,
Beyla et Sinko jusqu’à la frontière ivoirienne. Cette infrastructure permettra non seulement de désengorger le transport ferroviaire, mais aussi de faciliter l’acheminement des produits agricoles vers les grandes zones de consommation.
8. Opérationnalisation de l’Autorité de régulation du contenu local ,
Il faut urgemment opérationnaliser l’autorité de régulation du contenu local pour veiller au respect strict du contenu local. Cette autorité devra s’assurer que les entreprises minières respectent leurs engagements en matière d’emploi, de formation des jeunes Guinéens et d’utilisation de matériaux produits localement.
9. Redynamisation du Comité de suivi des investissements et renégociation des conventions minières ,
L’État doit redynamiser le Comité de suivi des investissements prévu aux articles 30 et 31 du Code des investissements publics. Ce comité doit être utilisé pour réviser toutes les conventions minières en cours, notamment celles liées à la bauxite et à l’or, afin de s’assurer que les concessionnaires respectent leurs engagements.
L’objectif est clair : aucune convention ne doit continuer à bénéficier d’avantages fiscaux sans contreparties concrètes pour l’économie nationale.
10. Amélioration de la notation financière de la Guinée et accès aux financements internationaux ,
Il faut agir rapidement pour améliorer la classification de la Guinée au sein de l’OCDE, où le pays figure actuellement en catégorie 7. Cette position expose la Guinée à des primes de risque très élevées, augmentant ainsi le coût des emprunts et rendant difficile l’accès aux financements nécessaires aux projets de développement.
Pour y remédier, le ministre de l’Économie et des Finances ainsi que l’Agence de Contrôle des Grands Projets (ACGP) doivent :
• Accélérer les études d’avant-projet détaillé (APD) des initiatives stratégiques, en particulier celles liées à Simandou 2040.
• Organiser une table ronde avec les bailleurs de fonds, en leur fournissant en amont les études APD des projets.
• Favoriser les modèles de financement en BOT, qui permettent la réalisation d’infrastructures majeures tout en préservant les marges budgétaires pour les secteurs sociaux prioritaires (santé, éducation, eau).
11. Création de voies d’accès et de quais logistiques le long du corridor ferroviaire.
Pour éviter que les préfectures situées le long du corridor ne soient obligées d’acheminer leurs marchandises jusqu’à Beyla ou Forécariah avant d’accéder au transport ferroviaire, il serait important de créer des voies d’accès transversales reliant les principales villes aux rails. Chaque transversale devra être équipée d’un quai d’embarquement et de déchargement, permettant aux producteurs locaux d’écouler leurs marchandises vers la capitale et le port en toute fluidité.
Ces 11 recommandations, une fois mises en œuvre avec rigueur et anticipation , permettront de transformer Simandou en un moteur de développement économique et social pour la Guinée. Nous estimons tout son excellence Monsieur le Président de la République que ce projet ne doit pas se limiter à une simple extraction de minerai ; il doit être un levier stratégique pour l’industrialisation, le renforcement de la souveraineté économique et la modernisation des infrastructures du pays.
Le leadership du Président Mamadi Doumbouya a permis d’imposer des conditions favorables à l’État guinéen, rompant ainsi avec des décennies de contrats déséquilibrés au profit d’intérêts étrangers. Cependant, les défis de mise en œuvre restent nombreux. Une exécution rigoureuse des mesures recommandées garantira des retombées concrètes et durables pour les générations futures. Si ces recommandations sont appliquées avec la même détermination qui a permis de renégocier la convention Simandou, ce projet ne sera pas seulement une réussite minière, mais un tournant historique dans l’histoire économique de la Guinée.
Dans un contexte où des pays comme la République Démocratique du Congo, le
Venezuela, ou le Nigeria peinent à imposer leurs conditions aux multinationales, la Guinée, sous la direction de son Président visionnaire, a réalisé ce qu’aucun autre dirigeant n’avait osé entreprendre auparavant en Guinée.
Ce succès témoigne de la nouvelle Guinée forte, indépendante et résolument tournée vers un avenir prospère. Grâce à cette convention, le Président Doumbouya inscrit son nom dans les annales de l’histoire économique du pays en tant que leader ayant su imposer la dignité et la souveraineté de la Guinée sur la scène mondiale. Ce modèle, à n’en pas douter, inspirera d’autres nations africaines dans leur quête d’autonomie et d’accords plus équilibrés.
Hon. Hamidou Camara, économiste !