LUNDI NOIR ,22 JANVIER 2007 – MERCREDI 22 JANVIER 2025
Cela fait 18 ans jour pour jour que les deux icônes du syndicalisme guinéen Feu Docteur Ibrahima Fofana , Secrétaire Général de l’USTG et Hadja Rabiatou Serah Diallo , Secrétaire Générale de la CNTG ont inscrit leurs noms en lettres d’or dans les annales de l’histoire de la lutte syndicale en Guinée.
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Répression sanglante des grévistes en Guinée
Plusieurs leaders syndicaux, dont les chefs des deux centrales à l’origine du mouvement de grève générale illimitée qui paralyse la Guinée depuis 13 jours, ont été arrêtés lundi 22 janvier au soir par des membres de la garde présidentielle à Conakry à la Bourse du travail.
Aujourd’hui, leurs héritiers ont presque mis leur combat à l’eau en sacrifiant la défense des intérêts matériels et moraux des travailleurs sur l’autel de la défense des intérêts personnels.
Pour preuve, aucune journée de souvenir , d’hommage et de recueillement n’est organisée en faveur des victimes de cette journée noire.
Pire , le syndicat est relégué aux oubliettes dans la gestion de transition actuellement en cours , contrairement à celle de 2010 dans laquelle les leaders des centrales syndicales avaient joué un rôle de premier plan dans tous les organes de la Transition.
Actuellement lorsque le syndicat veut se remuer un peu on glisse quelques milliards de francs guinéens dans les couloirs et les coulisses pour acheter leur silence.
La société civile a complètement ravi la vedette au syndicat uniquement parce qu’elle était dirigée par des jeunes dynamiques ( Dansa kourouma , Morita Condé etc) avant le coup d’État du dimanche 5 septembre 2021 , des jeunes qui s’étaient bien positionnés à l’époque , ont réussi aujourd’hui à occuper les postes stratégiques des organes de la transition. Et pendant la gérontocratie syndicale étouffe sa jeunesse syndicale , pleine de leaders, d’énergies et de compétences et surtout bien outillée pour faire face à leurs camarades jeunes d’âge au pouvoir et qui veulent travailler avec les jeunes qui ont la même vision qu’eux. D’où par conséquent la persistance d’un conflit de génération qui profite mieux à la société civile qui connaît un rajeunissement total à la tête des différentes faîtières qui ont réussi à placer leurs représentants dans les postes stratégiques de l’État et dans les institutions et représentations diplomatiques.
Le mouvement syndical guinéen est réduit à la défense des intérêts financiers sans qu’il ne parvienne à placer , comme la société civile, ses hommes dans les instances de prise de décisions.
Il faut une refondation du mouvement syndical guinéen comme l’avait suggéré l’ancien Premier Ministre Ibrahima Kassory Fofana pour permettre à ces deux icônes de reposer définitivement en paix.
On ne peut pas faire son temps, le temps de ses fils et le temps de ses petits-fils
Les clubs de Football qui ont gagné des coupes , ont procédé au rajeunissement de leurs équipes chaque année. Car ce qu’on n’a pas pu faire pendant la jeunesse, on ne pourra pas le faire pendant la vieillesse.
La lutte syndicale exige beaucoup d’énergies , de persévérance et de courage pour obtenir des résultats.